Quel pays est la Pologne dans l’entre deux guerres ? Quelle est son histoire récente ? Comment réagit elle à l’invasion et à l’occupation allemande ? Entre stupeur, résistance et aussi collaboration, voici quelques éléments de contexte pour avoir une image détaillée d’un pays sous la botte nazie.

La Pologne avant 1939, Auschwitz et la Shoah

En 1917, la révolution bolchevique a gagné Saint Petersbourg, la capitale des Tsars. Après l’effondrement des empires centraux (Prusse et Autriche-Hongrie), suite au Traité de Versailles en 1919 et à l’action président américain Wilson, la Pologne disparue des cartes en 1793 renaît.

Le pays divisé pendant 120 ans reforme un tout qu’il faut uniformiser d’un point de vue administratif et rendre viable économiquement. La Pologne est un jeune état principalement agricole, multiethnique et multi-confessionnel

En 1920, l’Armée Rouge de Trostky attaque la Pologne avec pour objectif d’exporter la révolution en Europe de l’ouest et notamment en Allemagne. L’offensive est sur le point de réussir quand une contre-attaque signe la débâcle russe appelé le miracle de la Vistule. Cette victoire du Maréchal Pilsudski assure à la Pologne 20 années de paix avec ses voisins. 20 années de troubles intérieurs.

Infanterie polonaise en route pour protéger Varsovie de l'Armée rouge.
> Infanterie polonaise en route pour protéger Varsovie de l’Armée rouge.

Il y a une forte polarité entre les partis de droite et d’extreme droite proche de l’église catholique d’une part et les partis socialistes et communistes polonais et juifs. Il y a aussi des partis politiques liés au minorités ethniques de la Pologne notamment un parti sioniste fort. L’armée occupe une place importante de la vie politique. 

En 1929, le président Narutowicz démocratiquement élu et candidat de la gauche et des minorités ethniques est abattu 5 jours après son élection dans le musée Zacheta à Varsovie par un artiste nationaliste. Le Jeudi noir et les effets de la crise mondiale s’arrangent rien.

Avant la seconde guerre mondiale, la Pologne comprend la communauté juive la plus importante d’Europe. Varsovie est alors la 2e plus grande ville juive du monde.

Rencontre de Józef Piłsudski avec le président Narutowicz en 1922.
> Rencontre de Józef Piłsudski avec le président Narutowicz en 1922.
Photo de classe dans une école juive en Pologne en 1933. Photo de Moshe Tsurnamal
> Photo de classe dans une école juive en Pologne en 1933. Photo de Moshe Tsurnamal
Enfants juifs à Varsovie en 1897 - photo de B.W. Kilburn.
> Enfants juifs à Varsovie alors dans l’Empire Russe en 1897 – photo de B.W. Kilburn.

Après la mort du père de l’indépendance le Maréchal Pilsudski, un militaire autoritaire et protecteur des minorités. L’état glisse vers une forme de proto-fascisme :

  • Lutte contre le communisme. Elle emprisonne les volontaires polonais des brigades internationales en route pour aider les Républicains en Espagne en 1936. Ils constitueront malgré tout le 2e contingent le plus important après les Français.
  • Soutien à Mussolini. Elle soutient auprès de la SDN (futur ONU) l’Italie lors de son invasion de l’Ethiopie.
  • Défiance à l’égard des démocraties. En 1938, le gouvernement polonais voit d’un bon oeil les accords de Munich réduisant l’indépendance de la Tchécoslovaquie avec laquelle la Pologne a des contentieux frontaliers.
  • Homogénéisation de la population. L’armée polonaise forme enfin des Juifs sionistes pour lutter pour l’indépendance du foyer juif en Palestine. L’objectif est de favoriser la création d’un état juif et une émigration des Juifs de Pologne.

Si la Pologne reste l’alliée des démocraties occidentales, France et Angleterre. Les relations ne sont pas bonnes.

Les relations ne sont pas bonnes non plus avec l’URSS où Staline fait office d’épouvantail absolu. Entre famine en Ukraine, purges, assassinats, déportation dans les goulags ou en Sibérie des opposants réels ou supposés, avant même le début de la guerre, l’historien Timothy Snyder évolue le nombre de morts à près de 4 millions. Les Ukrainiens paient le plus fort tribut, les Russes et la minorité polonaise soupçonnées d’être une 5e colonne anticommuniste.

Les relations ne sont enfin pas bonnes avec l’Allemagne. Après son coup de force en 1933, l’incendie du Reichstag et son élection à la chancellerie Hitler fascine une partie des élites mondiales dont le ministre des affaires étrangères polonais Jozef Beck. La fascination durera jusqu’au moment où le chancelier allemand remit en cause les frontières polonaises.

Hitler souhaite une liaison routière et ferroviaire entre l’Allemagne et la Prusse Orientale. La Pologne refuse. Après l’Autriche, la Bohême et la Moravie, l’Allemagne continue sa politique agressive d’annexion. Le 31 août 1939, une attaque sous fausse bannière a lieu sur l’émetteur de Gleiwitz. Les Polonais sont accusés et l’Allemagne tient son prétexte pour attaquer la Pologne.

2e guerre mondiale et occupation de la Pologne

Le 1 septembre 1939, Hitler attaque Dantzig et envahit le pays. La guerre éclate et le choc est terrible. En vertu des alliances militaires, l’Angleterre puis la France déclare la guerre à l’Allemagne. La déclaration ne s’accompagne néanmoins d’aucune attaque ou d’aucun mouvement militaire à l’ouest. La Pologne est seule. Pour certains occidentaux, elle l’a bien cherché. Pour les Polonais, c’est une trahison toujours vive.

Le 17 septembre, l’URSS entre en guerre et prend la Pologne en étau conformément au protocole secret du Pacte germano-soviétique Molotov-Ribbentrop. Staline tient sa revanche sur la défaite de l’armée rouge 19 ans plus tôt.

Pacte Ribbentrop-Molotov : L'accord germano-soviétique de partage de la Pologne et de l'Europe de l'est.
> Pacte Ribbentrop-Molotov : L’accord germano-soviétique de partage de la Pologne et de l’Europe de l’est. En brun la partie allemande, en vert la partie soviétique. 

Bientôt l’armée polonaise est vaincue. Aucun cavalier n’a chargé des chars d’assaut allemand comme l’affirme la propagande. En 3 semaines, près de 70 000 soldats et civils ont perdu la vie. Entre 700 000 et 900 000 sont tenus prisonniers par les Allemands et les Russes. 100 000 soldats s’échappent et reforment l’Armée polonaise en France. Le gouvernement part en exil en France puis à Londres. Aucun armistice ne sera signé. La Pologne reste en guerre dans le pays et à l’extérieur de ces frontières.

La double occupation se solde par une effroyable politique de terreur à l’égard des civils. Côté allemand, la Sonderfahndungsbuch Polen liste de 61 000 personnes à abattre. Des hommes et femmes politiques, des intellectuels, médecins, avocats, religieux, professeurs, dirigeants syndicaux et associatifs, juges, anciens officiers, anciens combattants, sportifs, artistes… Côté soviétique, le NKVD, nom de la police politique organise l’équivalent : Liquidation physique de plus de 20 000 officiers, médecins, enseignants (à Katyn et ailleurs), déportation de 60 000 personnes au Kazakhstan, emprisonnement…

Commence la période la plus terrible que ce coin du monde ait connu.

Résistance et collaboration avec l’Allemagne nazie

La grande majorité des Polonais s’oppose à l’occupation allemande et soviétique. Le mouvement de résistance en Pologne fût l’un des plus importants d’Europe avec les partisans yougoslaves et biélorusses. 

Dans tous les pays occupés d’Europe existaient des structures souterraines mais il n’y a que sur le territoire de la Pologne occupée qu’existait un véritable État clandestin avec son pouvoir exécutif et judiciaire, ses partis politiques, son administration et son armée secrète aux ordres du gouvernement polonais exilé à Londres. 

L’occupation allemande interdit le niveau éducatif secondaire et supérieur en Pologne ? Un réseau d’enseignement souterrain s’est mis en place . Les étudiants passaient leur bac pendant la guerre alors qu’aucun lycée n’existait officiellement.  

Les Allemands s’appuient sur la collaboration et la dénonciation ? Un tribunal juge les collaborateurs et émets un verdict pouvant être la peine de mort. Près de 12 000 collaborateurs polonais et ukrainiens seront assassinés par la résistance. Entre 7 000 et 10 000 allemands nazis. 

En 1944, la résistance compte jusqu’à 650 000 membres répartis entre l’état clandestin, les groupes résistants communistes et nationalistes. Jusqu’à 200 000 selon les Allemands et 390 000 selon d’autres sources…

Organisation de l'état clandestin en Pologne occupée.
> Organisation de l’état clandestin en Pologne occupée.

La Résistance polonaise a produit 48% des rapports d’Europe continentale reçus entre 1939 et 1945 par les services secrets britanniques. Son réseau d’informateurs s’étendait jusqu’en… Afrique du nord.

L’ Agence Afrique créée par Mieczysław Zygfryd Słowikowski est le plus grand réseau de renseignement réparti entre Maroc, Algérie et Tunisie. Ce réseau financé par la Pologne compta jusqu’à 232 membres. Le volume et la qualité d’informations transmis aux Etats-Unis et à la Grande Bretagne permit la réussite du débarquement en Afrique du nord (Operation Torch), prémice à celui d’Italie, de Provence et de Normandie.

L’ Armia Krajowa pour « Armée intérieure » a alerté Londres et Washington sur la « solution finale » notamment via les résistants Witold Pilecki (rapport sur Auschwitz des 1941) et Jan Karski (en 1942). Rien n’a été fait par les Alliés pour arrêter le système concentrationnaire et la machine de mort allemande.

Les militaires mènent des objectifs militaires. Vaincre les armées nazies est un objectif militaire. Bombarder des lignes de train pour arrêter le massacre de civils n’est pas un objectif militaire.

L’ « Armée intérieure » a perturbé jusqu’à 1 train d’approvisionnement allemand sur 8  sur les lignes du front de l’Est.

Certains Polonais ont collaboré avec les Nazis par appât du gain, par antisémitisme ou par instinct de survie. Des Polonais ont dénoncé des Juifs, les ont chassés lors de battus, volés et tués pendant et même après la guerre. D’autres sont aussi morts pour avoir sauver des Juifs. D’ailleurs l’unique peine encourue par un Polonais pour aider un Juif était la mort.

Il est naïf de voir le monde d’alors en noir et blanc. Des Juifs ont collaboré avec les Nazis au sein de la police juive ou du Judenrat (administration juive des ghettos). Des Allemands furent détenus dans les camps de concentration pour leur opposition politique aux Nazis. 

6 millions de Polonais sont morts pendant la seconde guerre mondiale dont 3 millions étaient juifs. Plus de 16% de la population d’avant guerre a disparu, bombardée, fusillée, gazée, pendue. En proportion, la population polonaise a souffert plus qu’aucun autre pays au monde. Détour par Auschwitz près de Cracovie

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Maciej

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