Visiter Auschwitz Birkenau, camp nazi près de Cracovie

A moins d’une centaine de kilomètres de Cracovie (Pologne) se trouve le camp nazi d’Auschwitz Birkenau. Une vision terrible de l’humanité. 

 

La porte d'entrée du camp d'Auschwitz avec la promesse "Arbeit macht frei" : Le "travail rend libre". Photo de Marcin Białek.

> La porte d’entrée du camp d’Auschwitz avec la promesse « Arbeit macht frei » : Le « travail rend libre ». Photo de Marcin Białek.

 

 

Le camp d’extermination d’Auschwitz est créée en 1942 par les Nazis dans la ville polonaise occupée d’Oswiecim. Personne ne se souvient qu’une ancienne communauté juive y vécut plusieurs siècles.

La ville est desservie par un réseau ferré dense. Le maillage ferroviaire fût un critère de choix déterminant pour Himmler, bras droit d’Hitler en charge de la « Solution finale ». Le train, la déportation, la mort.

Et puis la Pologne, c’est à l’est. Loin de l’occident. Passé l’année 1939, la guerre s’est propagée en Europe et au monde. La Pologne n’intéresse plus personne. Le secret sera bien gardé…

 

    Des visites guidées en français sont organisées dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

 

La Pologne avant Auschwitz

 

En 1939, la démocratie polonaise à 20 ans. Disparue des cartes vers 1790, la Pologne doit au président américain Wilson et au Traité de Versailles sa renaissance en 1919.

La révolution bolchevique gronde alors à l’est. L’ armée rouge de Trostky attaque le pays. La débâcle russe lors du miracle de la Vistule assure à la Pologne 20 années de paix avec ses voisins. 20 années de troubles intérieurs.

Avant la seconde guerre mondiale, la Pologne comprend la communauté juive la plus importante d’Europe. Varsovie est alors la 2e plus grande ville juive du monde. La société polonaise est pluriethnique, pluriconfessionnelle et très divisée politiquement. L’armée occupe une place importante de la vie politique.

En 1929, le président Narutowicz démocratiquement élu est abattu par un nationaliste. Le Jeudi noir et les effets de la crise s’arrangent rien. Nationalisme, communisme, sionisme, antisémitisme. La Pologne, jeune état et nation indéfinie, s’entredéchire.

Le 1 septembre 1939, Hitler attaque Dantzig et envahit la Pologne. La guerre éclate et bientôt l’armée polonaise est vaincue. Le gouvernement part en exil à Londres. Aucun armistice n’est signé.

La grande majorité des Polonais désapprouvent l’occupation et la terreur des nazis. Certains Polonais, traités par les Nazis comme des sous-hommes, approuvent l’idéologie antisémite du Reich. D’autres s‘y opposent et meurent pour avoir sauver des Juifs. Retour à Auschwitz. 

 

Auschwitz, point final d’une stratégie d’extermination

 

Auschwitz, puis Auschwitz II Birkenau ont été créé pour purifier l’Europe et le monde.

Juifs, Slaves, communistes, Tsiganes, homosexuels, handicapés. Des personnes de 28 nationalités ont péries. Des femmes, des hommes, des enfants, des vieillards, des prisonniers politiques, des soldats. Morts pour la pureté de la race aryenne.

De 1.5 à 3 millions de personnes sont mortes. Ou plus.  

 

Baraques dans le camp nazi d'Auschwitz Birkenau. Photo de Diego Delso.

> Baraques dans le camp nazi d’Auschwitz Birkenau. Photo de Diego Delso.

 

 

Une industrie de la mort organisée par des bureaucrates scrupuleux.

Des rails, un quai d’arrivée, des baraques, des miradors, des barbelés électrifiés, le cynisme d’un slogan qui promet la liberté à l’entrée du camp « Arbeit macht frei », « le travail rend libre » et puis les chambres à gaz et les fours crématoires, les lieux de stockages : cheveux, lunettes, brosses à dent, valises, chaussures…

Une industrie, une logistique. L’idée: Purifier le monde biensûr, mais aussi soutenir l’effort de guerre. On extermine mais on ne « gâche » pas les cadavres. La graisse des morts sert à produire du savon. La douche. Côté Juif, côté Allemand.

 

 

Le musée d’Auschwitz

Musée d'Auschwitz - Photo de nertog - Walk With Me@Flickr
> Musée d’Auschwitz – Photo de nertog – Walk With Me@Flickr.

 

 

La visite du camp d’Auschwitz est un moment inoubliable.

Le camp est bien conservé. Ni les nazis, ni les communistes, ni les catholiques, ni les capitalistes ne l’ont altérés. Les nazis n’ont pas pu le détruire avant sa libération par l’armée rouge en mai 1944. Les communistes l’ont utilisé pour illustrer la barbarie nationaliste. Les catholiques ont édifié une croix à côté du camp. Les capitalistes ont fait d’Auschwitz une visite obligée pour quiconque visite Cracovie. Qui dit visite dit produits dérivés. Extermination et commerce. Mélange ce qu’il y a de plus probable.

Le fonctionnement d’Auschwitz est expliqué dans les baraques du camp.

 

L'un des crematoriums d'Auschwitz où étaient brulées les cadavres des personnes gazées. Photo de Marcin Białek.

> L’un des crematoriums d’Auschwitz où étaient brulées les cadavres des personnes gazées. Photo de Marcin Białek.

 

Inutile de prévoir autre chose le jour de la visite du camp, prenez votre temps, vous n’aurez ni la force, ni l’esprit, ni l’envie de vivre autre chose ce jour là. Inutile de vous conseillez une tenue et une conduite respectueuse. Auschwitz appartient à l’humanité. Il s’agit aujourd’hui d’un lieu de recueillement pour tous. L’être humain a montré ce qu’il était capable de faire subir à son prochain.

Il est possible d’y filmer et de prendre des photos, il est recommandé de le faire discrètement. Auschwitz n’est pas Disneyland.

 

Autres photos d’Auschwitz

 

Photos d’Auschwitz par une belle journée ensoleillée, par Laura Suarez.

 

Infos pratiques pour visiter Auschwitz

  • Vous pouvez prendre un bus de la gare routière de Cracovie. De nombreuses compagnies de bus privées font la navette. Comptez une heure et demi de trajet. Trouvez les horaires pour prendre un bus pour Auschwitz (Oswiecim en polonais).
  • Si vous êtes à Varsovie, vous devrez d’abord vous rendre à Cracovie (comptez 3h de train) pour ensuite rejoindre Auschwitz.

 

    Des visites guidées en français sont organisées dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

 

En savoir plus :

 

Itinéraire à Cracovie pour un week-end
Dans notre itinéraire pour découvrir Cracovie en un week-end.

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Maciej

Maciej

J’aime me perdre à la recherche d’endroits surprenants.

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2 réponses

  1. vemclefs claude dit :

    A 78 ans Athée pacifique je respecte les idées de tous, notre intelligence et la sagesse devraient nous permettre de vivre EN PAIX !! j’ai subi la guerre les bombardements et les privations puis envoyé soldat en Algérie .Aujourd’hui je rentre en France d’une visite de 2 jours des 2 camps d’AUSWITSCH BIRKENAU je n’ai pas trouvé de mot assez fort dans la langue française pour décrire l’indescriptible :plus IN NOMMABLE qu’ IN NOMMABLE ??? Il faut absolument voir C’est 1 devoir de mémoire pour toutes les jeunes générations. Claude

    • Maciej Maciej dit :

      De mon point de vue, il doit s’agir d’une démarche personnelle et non d’un voyage de classe. Pour prendre la mesure du lieu, l’âge a son importance et l’on ne visite pas Auschwitz de la même manière lorsque l’on a 15, 30, 45 ou 70 ans. Le devoir de mémoire peut d’ailleurs s’effectuer dans d’autres lieux (musées et cimetières). Cela éviterai de transformer les camps de concentration en attractions touristiques où il FAUT aller. Ces lieux effroyables où les visiteurs viennent se prendre en photo révèlent un aspect peu flatteur de l’humanité. Bref. C’est un lieu terrible et émouvant qu’il faut respecter sans tomber dans la sacralisation d’un lieu de mort.

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