Ghetto de Cracovie : La fin des Juifs de Kroke

Entre 1939 et 1943, près de 90% des 60000 Juifs de Cracovie ont été assassinés. Le ghetto était sur le chemin de la mort.

Déportation des Juifs du ghetto de Cracovie en 1943.

> Déportation des Juifs du ghetto de Cracovie en 1943. En route vers la mort.

 

Le ghetto nazi

Le programme des nazis pour les Juifs étaient d’une déconcertante simplicité : Identifier, regrouper, exploiter, tuer.

Dans les grandes villes lorsque la proportion de Juifs était importante, des zones d’habitation fermée furent créées. Elles séparent la population juive de la population « aryenne ».

Les ghettos sont des prisons surpeuplées où la faim, la maladie et la mort menacent les plus faibles.

Les plus riches et ceux qui collaborent avec les nazis (l’administration du ghetto, le Judenrat et la police juive) souffrent moins du rationnement. Et entretiennent l’illusion d’une normalité. Les photos prises par Henryk Ross par exemple apporte un éclairage dérangeant sur l’inégalité  au sein du ghetto de Lodz.

Une 20-aine de ghettos furent battit en Europe. La plupart sur le territoire de la Pologne occupée où le nombre de Juifs était le plus important : Varsovie, Lódz, Cracovie, Wilno (Vilnius en lituanien), Lwow (Lviv en Ukrainien), Budapest en Hongrie et Riga en Lettonie.

 

L’histoire du ghetto de Cracovie

Dès que les nazis prennent Cracovie commencent les travaux forcés pour les Juifs. Bientôt les synagogues sont fermés, les objets rituels confisqués.

Le quartier juif de Kazimierz est trop proche du chateau de Wawel où siège Hans Frank, le gouverneur général responsable de l’ « administration » de la Pologne occupée. On lui préfère un quartier mieux relié par les chemins de fer : Podgorze, de l’autre côté du fleuve Wisla.

 

Rue Esther dans le quartier de Kazimierz en 1940 à Cracovie.

> Rue Esther dans le quartier de Kazimierz en 1940 à Cracovie.

 

Mai 1941. 3 500 personnes sont expulsés pour en accueillir 16 000 sur un espace réduit de 15 rues et 320 maisons. Un mur de confinement est érigé. Il reprend la forme prémonitoire des pierres tombales juives. Des barbelés sont tendus. Des soldats surveillent les 3 portes maintenus pour permettre entrées et sorties.

 

Construction du mur du ghetto de Cracovie.

> Construction du mur du ghetto de Cracovie en mai 1941.

 

Mai 1942. Les déportations commencent pour les camps d’extermination de Belzec et d’Auschwitz. Un industriel allemand, Oskar Schindler, recrute un nombre croissant de Juifs pour son usine de Podgorze ce qui leur sauvera la vie.

Le film « La liste de Schindler » de Spielberg retrace leur histoire.

 

    Des visites guidées en français sont organisées dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

 

Mordechai Gebirtig, un barde, poète, chanteur et menuisier juif polonais  parmi les plus célèbres de Pologne sera exécuté en juin. Socialiste du Bund, il croyait à une Pologne multiethnique et multiconfessionnel. La montée de l’antisémitisme avant la guerre, puis l’occupation nazie lui donnèrent tort. On lui doit des merveilles en yiddish. Et des hommages en différentes langues et bien sûr en polonais.

 

 

 

Mars 1943. Les habitants du ghetto sont séparés. Ceux aptes à travailler sont envoyés au camp de travail de Plaszow tout proche. Le camp est dirigé par un sadique, Amon Göth joué par Ralph Fiennes dans la Liste de Schindler.

Les vieillards, les malades et les enfants vont être transférer et les nazis leur demande de préparer leur bien les plus précieux.

 

Camp de travail de Plaszow près de Cracovie.

> Camp de travail de Plaszow près de Cracovie.

 

13- 14 Mars 1943. Des chaises trainent sur la place principale de Podgorze. Elles n’ont pas accompagnées leur propriétaire à Auschwitz. Le ghetto de Cracovie n’est plus. Kroke, Cracovie en yiddish, n’est plus.

 

Les biens des déportés laissés dans les rues du ghetto de Podgorze à Cracovie.

> Les biens des déportés laissés dans les rues du ghetto de Podgorze à Cracovie.

 

Musées, traces et survivants du ghetto

Une partie du mur d’enceinte du ghetto est toujours visible au niveau du 60 de la rue Limanowski.

La seule pharmacie du ghetto était tenue par un Polonais non juif : Apteka pod orlem (la pharmacie sous l’aigle). Ce lieu de rencontre entre résistants est devenu un musée retraçant son histoire.

L’usine de Schindler est devenu le musée de l’histoire de Cracovie pendant la seconde guerre mondiale. Il s’agit d’un musée moderne et intéressant à découvrir absolument.

 

Dans le musée de Cracovie sous la guerre à Podgorze. Photo de Zorro2212.

> Dans le musée de Cracovie sous la guerre à Podgorze. Photo de Zorro2212.

 

A côté des survivants de Schindler, le plus célèbre survivant du ghetto est le réalisateur Roman Polanski.

Des chaises vides ont été dispersées sur la place des héros du ghetto (Bohaterow getta) de Podgorze là où embarquèrent les derniers habitants pour Auschwitz.

Enfin, un bloc massif représentant un groupe d’êtres humain têtes baissés commémore les morts du camp de Plaszow sur les hauteurs de Podgorze.

 

Monument de commémoration du camp de Plaszow à Cracovie.

> Monument de commémoration du camp de Plaszow à Cracovie.

 

    Des visites guidées en français sont organisées dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

 

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Maciej

Maciej

J’aime me perdre à la recherche d’endroits surprenants.

Plus de Atmosphère de Cracovie !?

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