Histoire de Fès

L’histoire de Fès épouse l’histoire du Maroc dont elle est la 1ere ville musulmane. Longtemps capitale puis rivale de Marrakech ou Meknes ou Rabat – aujourd’hui, Fès est la capitale spirituelle du pays.

 

 

Ancienne carte postale de la médina de Fès vers 1900.

> Ancienne carte postale de la médina de Fès vers 1900.

 

 

 

Fondation de Fès

 

 

Avant l’arrivée des Arabes, ce territoire est peuplés de Berbères. Il l’est aussi après. Schématiquement alors, les Arabes sont citadins, les Berbères plus ruraux.

 

Fès est fondée en 788 par Idriss ben Abdellah, le fondateur de la première dynastie musulmane au Maghreb : Les Idrissides.

 

Le lieu choisi sera au carrefour de plusieurs routes commerciales rejoignant :

 

  • Le sud (Sijilmissa & le Mali) au nord (Ports de Tanger et de Ceuta),
  • L’est (Marrakech) et l’ouest (Tlemcen, Tunis et plus loin le Caire et la Mecque ou Damas).

 

La future Fès abonde en eau avec la rivière Oued Fès et des sources jaillissantes. Les environs sont propre à la culture agricole et recèle des matériaux nécessaires à la construction : Pierre, argile et bois des montagnes du moyen Atlas.

 

Des familles expulsées de Cordoue (actuelle Espagne) et de Kairouan (actuelle Tunisie) peuplent progressivement les deux rives de la rivière en deux villes séparées :

 

  • La rive des Karouanais sur la rive droite.
  • La rive des Andalous sur la rive gauche (peu touristique aujourd’hui).

 

L’aristocrate kairouanaise Fatima el Fihriya fonde en 859, la mosquée Quaraouiyine. Elle deviendra la première université musulmane et peut être la première au monde avant celle de Bologne en Italie. Sur l’autre rive est construite la mosquée Al-Andalus.

 

Avec la dynastie des Almoravides, les rives sont unifiées dans une enceinte fortifiée (1069) : L’actuelle Médina de Fès.

 

Sous les rigoristes Almohades, la ville s’agrandit et devient un centre intellectuel important.

 

 

 

L’âge d’or de Fès

 

 

L’arrivée de la nouvelle dynastie des Mérinides marque un tournant majeur.

 

A l’étroit dans ses fortifications, Abou Youssef décident de quitter la Casbah Nouar au sein de la Médina et de fonder un nouveau quartier plus à l’ouest en 1276 : Fès la blanche, la neuve ou Fès El Jedid en arabe.

 

> Carte des enceintes et des fortifications de Fès, Maroc. Photo de Omar-toons

> Carte des enceintes et des fortifications de Fès, Maroc. Photo de Omar-toons

 

 

Un palais est construit, le quartier accueille des soldats (le Mellah) et des quartiers résidentiels le tout bientôt protégé de fortifications. Le nouveau pouvoir ne fait pas l’unanimité au sein de la population autant ne pas prendre de risques.

 

Plusieurs mesures seront prises pour réduire l’opposition de la population :

 

  • On crée des collèges somptueux (médersa) dans la Médina pour affaiblir le pouvoir religieux des grandes mosquées hostiles au pouvoir. Des étudiants pauvres des confins du royaume viennent s’y former sous le généreux mécénat du sultan. Ils deviendront des citoyens et fonctionnaires reconnaissants et fidèles.
  • La découverte du tombeau du fondateur Idriss ben Abdellah est une bonne raison pour déplacer les Juifs de la Médina à l’ancienne garnison du Mellah. 1 pierre, 2 coups : Le nouveau lieu saint sera préservé d’infidèles mais surtout le roi divisera le pouvoir des marchands de Fès en gardant les Juifs sous sa coupe. 

 

 

Quartier juif du mellah à Fès avec ses fenêtres et balcons sur l'extérieur.

> Quartier juif du mellah à Fès avec ses fenêtres et balcons sur l’extérieur.

 

 

 

C’est l’âge d’or de Fès, la reconquête de Grenade par les Chrétiens poussent les musulmans vers la ville avec leur savoir faire en héritage.

 

Fès deviendra la dépositaire de la culture arabo-andalouse en architecture, en musique et en cuisine notamment.

 

 

 

Le déclin de Fès

 

 

Sous les Ouattassides (ou Wattassides), Fès décline et en 1522, Fès souffrit d’un terrible tremblement de terre.

 

Les Saadiens lui préfère Marrakech comme capitale où ils construiront le Palais El Badi. Méfiant vis à vis de la population, la nouvelle dynastie ceinturera Fès de forteresses.

 

 

Porte Bab Bouyelord à Fès par le photographe Georges-Louis_Arlaud vers_1925.

> Porte Bab Bouyelord à Fès par le photographe Georges-Louis Arlaud vers 1925.

 

Porte de Bab Ziaf à Fès dans les années 1920.

> Porte de Bab Ziaf à Fès dans les années 1920.

 

 

 

Sous les Alaouites, Fès redevient la capitale un temps. Puis c’est temporairement le tour de Meknes.

 

Sous le protectorat français, de nombreuses rebellions indépendantistes éclatent et contestent le pouvoir du sultan : Rabat plus sûr devient la nouvelle capitale.

 

 

Nouvelle de Fès pendant le protectorat français vers 1910/20.

> Nouvelle de Fès pendant le protectorat français vers 1910/20.