Komeda, l’inventeur du jazz polonais

Komeda ou comment un larynguologue/medecin natif de Poznan est devenu une figure mythique du jazz Polonais avant de mourir lors d’une beuverie à Los Angeles.

 

> "Astigmatic" l'album le plus célèbre de Komeda.

> « Astigmatic » l’album le plus célèbre de Komeda.

 

Il y a des étoiles filantes, lever la tête une nuit d’été loin des lumières de la ville pour vous en convaincre. Si ce n’est pas l’été, ou que vous êtes en ville, écoutez du Komeda, l’album « Astigmatic » ou la bande son de « Rosemary baby » de Polanski.

 

Aucun médicament ne soigne cette fièvre

Krzysztof Komeda, de son vrai nom Krzysztof Trzciński commence à jouer du piano à l’âge de 7 ans. Puis la guerre. Puis la fin de la guerre et bientôt un diplôme de médecin. Une route pavée d’or dans un pays en ruine.

Et puis encore et toujours la musique. Komeda mène une vie festive mais sa musique est profondement inquiétante. A quelques exception près. Quelques chose de l’ âme slave : Romantique, fébrile et « malade ».

 

Cinéma et jazz : De Lodz à Hollywood

En 10 ans, le jazzman compose la musique de 71 films. Il commence par un film d’étude rigolo et finit sur la musique entêtante d’un chef d’oeuvre de noirceur.

En 1958, « Deux hommes et une armoire » („Dwaj ludzie z szafą” en polonais) est son étude de fin de conservatoire. C’est aussi le premier court métrage (?) de Polanski alors étudiant en cinéma à Lodz près de Varsovie. Un grand moment d’absurde burlesque dans l’esprit de Tati. Le synopsis est dans le titre.

En 1968, la dernière bande musicale accompagnera le fantastique « Rosemary baby ». Egalement de Polanski.

 


> Plan du film « Les charmeurs innocents » de Wajda : Polanski est le 2e en partant du guidon, Komeda le 4e.

 

C’est à l’occasion de sa venue à Los Angeles que Komeda souffrira d’un traumatisme crânien : Accident de voiture ou de beuverie (avec l’écrivain Hlasko) ou de randonnée dans les collines d’Hollywood. Plusieurs raisons possibles pour un résultat certain : Sa mort en 1969 et son enterrement au cimetière Powazki à Varsovie. Clap de fin.

Il aura collaboré avec Andrzej Wajda ou encore Janusz Morgerstern. Vous le verrez également dans les « Charmeurs innocent » en compagnie de Polanski.

 

La naissance du jazz polonais

Dans les années 1950, Staline est toujours vivant et l’URSS construit à Varsovie son cadeau de béton : Le PKiN. Le jazz est considéré par les autorités communistes comme une musique subversive. Du soft power à la sauce CIA comme l’expressionnisme abstrait de Pollock. L’illustration des idéaux de liberté du bloc occidental. Bref, le mal absolu.

C’est Kujawski, un ami bassiste de Komeda, qui lui fait découvrir le jazz à Cracovie. C’est la période des « Catacombes », les artistes de jazz sont interdits de scène, aussi les jams sessions s’improvisent dans des soirées privées. Les musiciens s’appellent Matuszkiewicz, Borowiec, Walasek. The place to be, c’est l’appartement de Witold.

Puis en 1956 eut lieu le premier festival de jazz à Sopot au bord de la mer. Komeda y joue du modern jazz avec son sextet, des compositions de groupes de l’époque : « The Modern Jazz Quartet » et « The Gerry Mulligan Quartet ». Une première en Pologne.

Puis commence les tournées européennes en URSS, en France, en RFA, en RDA, en Suède. Puis un peu partout en Europe.

En 1965, Komeda Quintet enregistre « Astigmatic ». Un album de jazz beau, sombre et novateur. C’est un album fondateur du jazz polonais et européen.

 

 

 

 

Maciej

Maciej

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