« Guns of Brixton », émeute du quartier noir de Londres

A Brixton en 1981, Margaret Thatcher aka « la Dame de fer » n’est pas très populaire. Les habitants du quartier ne rencontrent pas le visage radieux du libéralisme économique mais plutôt celui de bobbies racistes de la Metropolitan Police of London. En avril, une émeute éclate…

Emeutes à Brixton en 1981 contre la politique économique et la violence policière.

> Emeutes à Brixton en 1981 contre la politique économique et la violence policière.

 

 

Brixton est le quartier londonien de la communauté jamaïcaine, africaine et caraibéene.

 

« Guns of Brixton », punk et reggae vs oppression

"When they kick out your front door
How you gonna come?
With your  hands on your head
Or on the trigger of your gun… "

 

Dans les seventies, la musique « officielle » de Brixton où habite Paul Simonon est le reggae. En 1979, le bassiste du groupe punk The Clash s’en inspirera pour l’écriture de l’album London calling. Son expérience de la vie dans le « ghetto » et de la violence policière lui inspire le titre « Guns of Brixton »… Deux ans plus tard, les émeutes éclatent.

 

Contexte social à l’émeute de 1981

En 1981, Les graffitis de soutien à Solidarnosc ornent les murs de Brixton. Le premier syndicat libre de Pologne conduit par Walesa veut du pain et plus de justice sociale.

Au Royaume-Uni, les syndicats sont à terre, les dépenses publiques sont réduites, Margaret Thatcher est au pouvoir . En 1981, les graffitis de Brixton sur la politique désastreuse de la Dame de Fer sont vite effacés :

  • 18 000 demandes de logement dans le quartier de Brixton sont sur liste d’attente,
  • 30% des logements sont non-conformes,
  • 60% des noirs sont au chômage,
  • Le taux de criminalité est élevé…

Les hélicoptères de la police patrouillent. Dans les rues, les policiers harcèlent les habitants du quartier. Les émeutes de Brixton (Brixton riots) font suite aux émeutes de Bristol et précède l’embrassement de nombreuses cités britanniques.

 

Récit de l’émeute de Brixton

Le 10 avril. Une arrestation, les habitants attaquent la police. Des renforts arrivent. Les habitants se dispersent.

Le 11 avril, La police est là, en nombre. Les habitants aussi. Tensions. Arrestations. Jets de briques. Les policiers se replient, les premières voitures de police brûlent. Les magasins sont pillés. Les renforts de la police sont accueillis avec des cocktails molotov. Brixton se transforme en Belfast. C’est la première utilisation de cocktails molotov au Royaume-uni en dehors de l’Irlande du nord.

Le 12 avril, l’émeute de Brixton est terminée. L’ordre règne.

Emeutes de Brixton en chiffres :

  • 5000 émeutiers présumés.
  • Près de 400 blessés (majoritairement des policiers).
  • 82 arrestations.
  • Plus d’une centaines de voitures (56 de la police) brûlées.
  • 30 bâtiments incendiés.
  • 7.000.000 £ de dégats.

Aujourd’hui le quartier souffre encore d’une réputation sulfureuse notamment à cause de la facilité à s’y procurer des drogues. Brixton est un des meilleurs quartiers de Londres où sortir en club ou assister à des concerts.

 

Ressources d’informations

 

 

Maciej

Maciej

J'aime me perdre à la recherche d'endroits surprenants.

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2 réponses

  1. neuhaus dit :

    jaime votre site car il explique et donne une bonne idée de la vie des londoniens etc

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