Le centre culturel Tacheles (Kunsthaus Tacheles) etait pendant des années un immeuble en ruine squatté par des artiste et des bars. Il a fermé depuis 🙁

Bar du Tacheles à Berlin à l'image du lieu avant sa fermeture.
> Bar du Tacheles à Berlin à l’image du lieu avant sa fermeture.

 

 

Ne vous laissez pas impressionner par sa façade délabrée et entièrement taguée. Derrière ces murs peu avenants se cachent des expositions, un cinéma, un théâtre, plusieurs bars et un biergarten dans le sable… Tacheles est un mot yiddish qui signifie révéler/franc-parler.

Situé sur l’Oranienburgerstrasse dans le quartier de Mitte, le Tacheles contraste avec le reste de la rue, aujourd’hui décorée de bars lounge pour touristes et de prostituées. Cette artère n’est cependant pas dénuée de tout intérêt, puisqu’on y trouve la grande synagogue ainsi que Dada Falafel.

 

Histoire du Tacheles

Vue du Tacheles à Berlin - Photo de François Planche@Flickr

 

Le Tacheles a vu le jour au début des années 1900 en tant que grand magasin. Il faisait partie d’un illustre ensemble de passages, les “Friedrichstrassen-Passage”, qui reliaient l’Oranienburgerstrasse et la Friedrichstrasse.

Pendant la seconde guerre mondiale, le bâtiment est utilisé par les nazis et des prisonniers de guerre français sont détenus au 5ème étage. Puis il est endommagé lors des bombardements aériens mais pas détruit.

Après la guerre, le lieu est plus ou moins laissé à l’abandon. L’argent manque pour le restaurer et il est utilisé pour stocker des matériaux de construction. Sa destruction est planifiée pour avril 1990.

 

 

Le squat

 

Mais peu après la chute de Mur de Berlin en novembre 1989, de jeunes artistes venus du monde entier arrivent à Berlin. Pour colorier le Mur, pour la liberté retrouvée… Certains se réunissent et squattent ce vieux bâtiment en ruine, le Tacheles.

Un an plus tard, ses occupants obtiennent qu’il soit classé monument historique, pour son architecture en métal particulière. Ils reçoivent alors des fonds pour rénover les lieux ainsi que des subventions qui leur permettent d’exercer leurs activités artistiques.

Plus qu’un espace de création, le Tacheles est un espace de liberté. L’époque est à l’utopie. Ses occupants y rêvent et expérimentent des modes de vie et de création alternatifs.

 

 

La maison des artistes « Kunsthaus Tacheles »

 

Les artistes transforment alors le Tacheles en galerie d’art et d’exposition, ainsi qu’en espace d’expérimentation. L’association Kunsthaus Tacheles (“la maison des artistes du Tacheles”) voit le jour.

Cependant, le propriétaire des lieux, le groupe immobilier Fundus, a d’autres projets pour le Tacheles. Après une lutte acharnée, un accord est conclu en 1998 : le collectif d’artistes doit payer un loyer symbolique de 50 centimes d’euros par mois (1 mark à l’époque), ce pour les 10 années à venir.

 

Oeuvre d'Alex Rodin, un artiste biélorusse du Tacheles entre William Blake et Salvador Dali.
> Oeuvre d’Alex Rodin, un artiste biélorusse du Tacheles entre William Blake et Salvador Dali.

 

C’est alors que l’association est accusée de vendre son âme au diable. Le temps des compromis est bientôt suivi par celui des conflits internes. Ceux entre Ludwig Eben, le gérant du Café Zapata, et Martin Reiter, un des fondateurs du Tacheles, ont défrayé les chroniques allemandes.

Un artiste biélorusse présente de très grandes toiles surréalistes. Vraiment à découvrir.

 

 

Aujourd’hui ?

 

Aujourd’hui, les artistes se font chasser. Le groupe immobilier a déclaré, comme prévu, la fin du contrat. Un projet de complexe hôtelier et de bureaux est en route. Mais les occupants n’ont pas l’intention de quitter les lieux. Lors de nos passages en janvier et en juin 2008, les artistes faisaient signer des pétitions aux visiteurs pour relancer les négociations avec le groupe immobilier, et pour obtenir des subventions de la part de la ville de Berlin.

Ils estiment que le Tacheles est indispensable à la vie artistique et culturelle berlinoise. On peut aujourd’hui se le demander. En effet, hormis les artistes, on trouve peu de berlinois au Tacheles. C’est surtout devenu un lieu touristique : tout guide de Berlin qui se respecte mentionne le Tacheles. Les touristes achètent quelques oeuvres, donc les artistes y trouvent leur compte. Mais où est passée la notion de culture alternative et contestataire, caractéristique du Tacheles ?

Beaucoup estiment que son âge d’or est passé, et qu’il ne reviendra plus. Beaucoup considèrent le Tacheles comme déjà mort. Beaucoup le considèrent comme le symbole de la scène artistique et culturelle alternative berlinoise des années 90. Tout est dit.

Alors certes, on peut considérer le Tacheles comme un symbole du passé, mais est-ce une raison suffisante pour le remplacer par des bureaux ?

 

Informations pratiques

 

Horaires : Le jardin est ouvert à toute heure du jour et de la nuit (allez y plutôt le soir si vous voulez y rencontrer du monde). Les bars sont ouvert l’après midi et le soir.
Tarif :
entrée gratuite.
Transport :
U-bahn : Oranienburger Tor.

Adresse : Oranienburgerstrasse 54-56a.
Site officiel : Tacheles

 

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