Le Parc d’Oliwa est le plus bel espace vert de Gdańsk. S’il y a d’autres coins de nature dans et autour de la ville, c’est le seul à être incontournable. Le parc de 11 hectares est étendu avec de nombreux espaces et ambiances, plusieurs musées (art moderne et ethnographie), la plus belle église de Gdansk, une serre botanique, un agréables café-restaurant… Bref, prévoyez une demi-journée ou plus pour en profiter.

Au nord du centre historique de Gdańsk, dans le quartier d’Oliwa, à deux pas de la cathédrale d’… Oliwa, s’étend le Parc d’Oliwa le plus beau parc historique du Trojmiastro (ou Tricité).
Du jardin de moines au musée de sculptures contemporaines en plein air
Jardin des moines
Tout commence avec les cisterciens installés à Oliwa au 12e siècle. Ils arrivèrent du monastère d’Esrum près de Kronborg au Danemark à travers Szczecin.
Les moines cultivent un potager et un verger près de leur abbaye. Au 15e siècle, des jardins conventuels s’étendent à l’est de la résidence des abbés.

Grand jardin baroque de l’abbé Rybiński
Le parc actuel naît au 18e siècle. Son initiateur est Jacek Rybiński, dernier abbé polonais d’Oliwa.
Il fait aussi reconstruire le Palais des Abbés dans le style rococo entre 1754 et 1756.
Le projet du jardin s’inspire d’André Le Nôtre, le jardinier de Versailles. On y trouve tout le vocabulaire du jardin à la française : un axe central, des parterres, des bassins géométriques, des allées bordées de tilleuls taillés. Cette partie dite « française » a traversé les siècles presque intacte.
Les pelouses accueillent à la belle saison les familles, étudiants et amoureux venus bouquiner, pique-niquer ou juste lézarder paresseusement au soleil entre deux mots doux.


Domaine prussien et le parc à l’anglaise
À la fin du 18e siècle, Gdansk et Oliwa passe sous domination prussienne. Le roi de Prusse nomme lui-même les abbés, choisis dans la famille Hohenzollern. En 1831, l’abbaye est supprimée. Le jardin devient propriété de la Couronne prussienne.
> Histoire rapide de Gdansk : Grandes périodes et dates clés
Au 19e siècle, le parc change de visage. Entre 1836 et 1881, le jardinier Gustav Schöndorf y introduit des arbres et arbustes exotiques. Il transforme une partie du parc en jardin botanique. Des allées sinueuses et des bosquets « à l’anglaise » viennent compléter la rigueur baroque.
Vers 1910, l’inspecteur Erich Wocke crée un alpinum à la place de l’ancien labyrinthe. Il y acclimate des plantes de haute montagne. L’ancienne orangerie est transformée en serre et en petite palmeraie.



Parc public et musée en plein air
En 1926, Oliwa devient un quartier de Gdańsk (alors Dantzig). Le jardin des abbés devient un parc municipal.
Après 1945, il est inscrit au registre des monuments. Une station d’acclimatation des plantes ouvre en 1946. La palmeraie accueille le public dès 1947. Le jardin botanique suit dans les années 1950.
En 1955, pour le centenaire de la mort du poète Adam Mickiewicz, le parc prend son nom. Un buste du poète y est installé.
Suivront de nombreuses autres statues figuratives ou plus abstraites en association avec le musée d’art moderne du Palais des Abbés (Pałac Opatów).
Que voir dans le Parc d’Oliwa ?
Jardin à la française et l’allée des tilleuls
C’est peut être la partie la plus photogénique. Elle s’étend dans l’axe du Palais des Abbés.
Aux murs végétaux répondent des parterres de fleurs, des bassins dessinent des perspectives symétriques et amusantes. Les poissons se déplacent lentement sous les feuilles se reflétant à la surface. Les familles s’y promènent le week-end.
Les anciens profitent des bancs nombreux ou de la terrasse du café-restaurant devant le musée d’art moderne.
Au printemps, la floraison des magnolias et des tulipiers de Virginie attire les photographes et les botanistes curieux. Des visites guidées sur la botanique en polonais sont disponibles pour découvrir les spécimens les plus originaux et spectaculaires.



« Paradis » et grottes des murmures
Parallèlement à l’allée des tilleuls, un parterre plus intime porte le nom de « Paradis ». C’est là que se trouve le buste de Mickiewicz.
Adam Mickiewicz (1798-1855) est le grand poète du romantisme polonais. Né dans l’ancien grand-duché de Lituanie, il passe l’essentiel de sa vie en exil, notamment à Paris, où il enseigne au Collège de France. Il est l’auteur des Aïeux et de Messire Thadée, l’épopée nationale polonaise. Il meurt à Constantinople (aujourd’hui Istanbul).
Tout près se cachent les grottes des murmures (Groty Szeptów). Ce sont deux niches en forme de coquille, face à face de part et d’autre d’une allée. Placez-vous dans l’une, dos à l’allée, et chuchotez : la personne dans l’autre niche vous entend parfaitement. Une curiosité acoustique qui amuse petits et grands.

Palmeraie (Palmiarnia) du jardin botanique
La Palmeraie occupe l’emplacement de l’orangerie des abbés. Sa coupole vitrée cylindrique à une forme de cactus. Haute de 24 mètres, elle a remplacé l’ancienne serre plus petite et cylindrique construite dans les années 1950.
À l’intérieur poussent des palmiers-dattiers plus que centenaires, une araucaria de 17 mètres, des bananiers, des cactus, des agaves, des orchidées et des cycas.
Dans l’ancienne orangerie voisine, le Spokoj café permet une pause gourmande.


Jardin botanique et l’alpinum
La partie botanique est intégrée dans le parc. Elle regroupe les collections les plus fragiles : arbres rares, plantes de tous les continents, alpinum hérité d’Erich Wocke.
On y voit notamment des magnolias, des conifères ornementaux et un séquoia géant.


Jardin japonais
C’est la partie la plus récente du Parc d’Oliwa : le jardin japonais a été aménagé en 2014. Il lui faudra encore quelques années pour prendre corps et feuilles. Cerisiers et buissons. Pour l’instant, c’est un clin d’oeil à l’ouverture sur le monde de la ville plus qu’un jardin remarquable.
À l’entrée se dresse un torii, portique shintoïste qui sépare le monde profane du monde sacré. Au Japon, les torii mènent vers un temple, ici il faudra vous contenter d’un pavillon évoquant une maison de thé.
Il y a une lanterne de pierre reposant sur quatre pieds. Une composition de rochers (appelé ishigumi) reposent près d’un étang. Des clôtures de bambou tracent des allées sinueuses. Les éléments sont là mais cela ne crée pas encore un tout mystérieusement harmonieux.



Sculptures : Musée en plein air
Depuis 1976, le parc accueille une galerie de sculpture contemporaine. Les œuvres sont disséminées le long des allées.
La promenade dans la galerie de sculptures en plein air du Parc d’Oliwa commence par le « Patriarche » (1975) de Romuald Frejer. L’œuvre se dresse presque en face de l’entrée principale du Palais des Abbés.
C’est une sculpture massive, taillée dans un seul bloc de granit. Une pierre très dure. Elle représente un homme. Sa silhouette, très stylisée, se compose de plans géométriques. Le Patriarche désigne le chef d’une famille ou d’une lignée, mais aussi le plus haut dignitaire d’une Église.
« Mise en forme – La Naissance de Vénus » de Zygfryd Korpalski est entièrement réalisée en matière plastique et est très légère. Ses formes s’étirent de part et d’autre comme un organisme vivant en train d’éclore ou comme un jeu d’osselets polie pour l’eau.
L’artiste s’est inspiré du mythe de la naissance de la déesse de l’amour. Selon la légende, Vénus serait née de l’écume de la mer. La sculpture devait donc elle aussi surgir de l’eau. À l’origine, elle était placée au milieu d’un étang du parc et flottait doucement à la surface, tournant au gré du vent. Aujourd’hui, elle se tient à l’entrée du Palais des Abbés.



- « Patriarcha » de Romuald Frejer
- « Tors » de Stanisław Horno-Poptawski
- « Król i królowa » de Wiesław Pietron
- « Niobe » de Janina Stefanowicz-Schmid
- « Przedwonie » d’Anna Pietrowiec
- « Macierzyństwo » de Marian Wnuk
- « Pokusa » d’Albert Zalewski
- « Bogini trawy » d’Alfred Wiśniewski
- « Ekstremum » de Czesław Ciesielski
- « Odpoczynek » d’Irena Loroch
- « Prześwit » de Stanisław Konieczny
- « Ewaiadam » de Sławoj Ostrowski
- « Lawica » de Zdzisław Koseda
- « Ptak » d’Irena Zabrocka
- « Macierzynstwo » de Zygmunt Kępski
- « Kształtowanie-narodziny wenus » de Zygfryd Korpalski
- « Zagle » d’Adam Smolana
- « Kosynierom Gdyni » de Zbigniew Zabrocki
Cathédrale d’Oliwa et son orgue
L’ancienne église abbatiale est aujourd’hui la cathédrale (archikatedra) de Gdańsk. Elle abrite un célèbre orgue rococo du 18e siècle, orné d’anges et d’étoiles animés. En saison, de courtes auditions sont proposées plusieurs fois par jour.


Palais des Abbés (Pałac Opatów) : Musée d’art moderne / contemporain
Le palais dans le parc. Sa partie la plus ancienne remonte au XVe siècle. Incendié pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été reconstruit dans les années 1960.
Il abrite aujourd’hui la section d’art moderne du Musée national de Gdańsk. On y voit surtout de la peinture et du dessin polonais de la fin du XIXe et du XXe siècle, avec des œuvres de Jan Matejko, Olga Boznańska ou Jacek Malczewski. Des expos temporaires d’art contemporain sont également organisées.


Grenier des Abbés (Spichlerz Opacki) : musée ethnographique
Ce grenier baroque de 1723 accueille la section d’ethnographie du Musée national.
La petite mais non moins intéressante exposition permanente présente la culture populaire de la Poméranie de Gdańsk : pêche, agriculture, artisanat, décoration intérieur (mobilier) et croyance. Les objets viennent surtout de Cachoubie, mais aussi des Żuławy, du Kociewie et du Powiśle.
Un bon complément avant une escapade dans le Parc paysager cachoube (Kaszubski Park Krajobrazowy).


Autour du parc d’Oliwa : Zoo de Gdansk et la forêt d’Oliwa
Le Zoo de Gdańsk se trouve à proximité au pied des collines boisées. Derrière le parc, la forêt d’Oliwa grimpe vers le Parc paysager de la Tri-Cité (ou Trójmiejski Park Krajobrazowy).
Le belvédère du Pachołek offre une vue sur la baie de Gdańsk.


Informations pratiques
Le Parc d’Oliwa se trouve au nord du centre historique de Gdańsk dans le quartier d’Oliwa à deux pas de la cathédrale d’Oliwa.
Adresse : ul. Opata Jacka Rybińskiego, Gdańsk-Oliwa (entrées également côté ul. Opacka).
Horaires du parc : de mai à septembre, 5h-23h ; d’octobre à avril, 5h-20h.
Palmeraie : du mardi au dimanche, 10h-18h (dernière entrée 17h45). Fermée le lundi.
Tarifs : l’entrée du parc est gratuite. La Palmeraie est restée gratuite depuis sa réouverture. Un billet payant est régulièrement annoncé : vérifiez avant la visite.
Accès : en train urbain SKM jusqu’à la gare Gdańsk Oliwa, puis une dizaine de minutes à pied. Le quartier est aussi desservi par le tramway (arrêt Oliwa).
Durée conseillée : 1h30 pour le parc et la Palmeraie ; une demi-journée avec la cathédrale et un musée.
Quand venir ? Avril-mai pour les magnolias et les floraisons. Octobre pour les couleurs d’automne. En semaine et tôt le matin pour éviter la foule.
Carte de la Tricité : Gdansk, Sopot, Gdynia avec les lieux du guide touristique
Retrouvez tous les lieux du guide à visiter sur la carte de Gdansk (avec Oliwia, Sopot et Gdynia) : Hébergements et hôtels selon votre budget, monuments incontournables, musées à ne pas rater et insolites, plages et jardins botaniques, bars et cafés originaux, shopping vintage…
Bon plan ! Vous pouvez télécharger gratuitement la carte pour une utilisation hors connexion.
Où dormir à Gdansk (Sopot et Gdynia) en 2026 ? Sélections d’hébergements jolis, centraux ou pas chers
Pour séjourner à Gdansk et dans le Trojmiasto (Pologne), voici nos suggestions d’hébergements en fonction de votre budget :
- Auberges de jeunesse à Gdansk à partir de 15 euros la nuit,
- Hotels pas chers à Gdansk à moins de 100 euros la chambre double,
- Hotels de charme et de luxe à Gdansk, Sopot et Gdynia à partir de 100 euros la chambre double.
