Josep Tapiró, en tant qu’artiste enraciné dans Tanger, a su offrir une vision respectueuse, raffinée et profondément humaine du Maroc précolonial. Son œuvre, fondée sur l’observation, la lumière, et l’affection pour ses sujets, constitue un témoignage esthétique précieux et une source majeure pour l’histoire sociale du Maghreb.

La majorité des oeuvres de Josep Tapiró sont visibles en Espagne, à Madrid (Musée du Prado) et à Barcelone (MNAC). Un portrait de l’artiste est visible au musée génial de la Villa Harris à Tanger. Une raison supplémentaire de vous y rendre.
De nombreux portraits inspirés par le peintre espagnol (ou non) se trouvent au Musée Dar Niaba dans la Médina de Tanger.
Brève biographie de Josep Tapiró
Josep Tapiró i Baró (1836–1913) naît à Reus, en Catalogne, et se forme à l’École des Beaux-Arts de Barcelone avant de poursuivre ses études à Rome.
Ami proche de Mariano Fortuny, il découvre le Maroc lors d’un séjour à Tanger en 1876, ville où il décide de s’installer durablement.
Contrairement à de nombreux orientalistes voyageurs, Tapiró fait de Tanger son lieu de vie permanent pendant près de 40 ans.
Cette immersion prolongée lui permet de développer une connaissance intime de la société marocaine, fondée sur l’observation directe, la confiance et la proximité humaine.
Il expose régulièrement en Europe tout en restant profondément enraciné dans le contexte marocain, jusqu’à sa mort en 1913.
Une peinture réaliste aux visées ethnographiques
Josep Tapiró se distingue dans le courant orientaliste par une approche résolument objective et documentaire de la société marocaine, qu’il observe depuis son installation à Tanger.
Contrairement à nombre de ses contemporains, il ne cède pas à l’imaginaire fantasmé de l’Orient. Sa peinture, parfois qualifiée d’hyperréaliste, se rapproche de l’ethnographie, au point que certaines œuvres sont aujourd’hui considérées comme documents anthropologiques.
Il est l’un des rares peintres à avoir représenté le Maroc avant l’instauration du Protectorat, ce qui donne à son œuvre une valeur patrimoniale et historique unique.
Un style personnel distinct du romantisme orientaliste
Bien qu’influencé par son ami Mariano Fortuny (père de Mariano Fortuny y Madrazo), Tapiró ne reproduit pas la grâce ou le style impressionniste de celui-ci.
Il développe une facture propre, marquée par un naturalisme minutieux, une recherche lumineuse acquise lors de ses séjours en Italie, et une précision formelle héritée des paysagistes catalans.
Ses œuvres sont caractérisées par la richesse des détails, la représentation fidèle des costumes traditionnels, et une attention remarquable à la psychologie des modèles.





Des portraits et scènes de genre sans préjugé du Maroc traditionnel
Tapiró se concentre sur deux genres : le portrait (souvent de femmes en costume de cérémonie, musiciens, religieux, serviteurs) et la scène d’intérieur, intime et sincère.
Grâce à ses relations de confiance avec la population locale, il accède à des espaces réservés et rend compte d’une réalité souvent invisible aux voyageurs de passage.
À la différence des peintres qui se contentaient de scènes de rue ou de compositions fantasques, Tapiró pénètre les sphères domestiques et spirituelles avec respect, sans altérer les codes culturels.
Tapiró ne cherche pas à représenter un Maroc modernisé ou influencé par les colonies européennes.
Il fixe, dans une vision harmonieuse, un monde traditionnel en voie de disparition, porté par les rites, la richesse artisanale et les valeurs locales. Il refuse les artifices du harem fantasmé, privilégiant la vérité des visages, des gestes et des étoffes.
Cette authenticité picturale fonde l’intérêt de ses œuvres auprès des collectionneurs et chercheurs.




Héritage et reconnaissance
Tapiró est aujourd’hui reconnu comme l’un des piliers de l’orientalisme véridique.
Il a préparé le terrain pour des artistes comme Mariano Bertuchi, qui poursuivront une peinture du Maroc dans une veine plus impressionniste. Sa démarche s’inscrit dans le sillage d’autres observateurs européens lucides comme Charles de Foucauld.
Le renouvellement de l’intérêt pour sa peinture dans l’Espagne démocratique contemporaine s’explique par une volonté de dialogue interculturel avec le Maroc, pays avec lequel Tapiró a construit un pont artistique sans caricature.
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