Brulée, ruinée, bétonnée, le 20e siècle n’a pas fait de cadeau à San Francisco.

 

Hôtel de ville de San Francisco en 1906 - photo de Walter Curran Mendenhall
> Hôtel de ville de San Francisco en 1906 – photo de Walter Curran Mendenhall

 

 

San Francisco et Gomorrhe

 

Le 18 avril 1906, vers 5h du matin. Séparée du continent par la faille de San Andrea, la plaque pacifique se déplace de 6 mètres vers le Nord.

Le tremblement de terre est gigantesque, l’épicentre pile au nord de la ville. En 40 secondes, San Francisco s’effondre et prend feu.

Le 21 avril, une pluie providentielle met un terme à l’incendie : la moitié de la ville gît à terre, cramée.

 

 

La crise de 1929

 

Intéressant : autrefois, quand l’économie se pétait la gueule, on ne se contentait pas de sauver les fesses des banquiers.

Au Jeudi Noir succède une politique de grands travaux, histoire de faire bosser les pauvres. San Francisco n’échappe pas au plan de sauvetage : la Coit Tower, le Golden Gate Bridge et le Bay Area Bridge seront achevés à 6 mois d’intervalle, entre 1936 et 1937.

Si le Golden Gate est aujourd’hui l’image d’épinal n°1 de la ville, le méconnu Bay Area Bridge est le pont le plus fréquenté de tout le pays (!).

De l’autre côté se trouve Oakland : la ville des Golden State Warriors, le berceau du mouvement Black Panther et la mecque de la culture Pimp (Iceberg Slim y a fait ses classes).

 

 

70’s et aberrations architecturales

 

Moins que Grenoble mais quand même, San Francisco a souffert de l’horrible optimisme mégalomane des 1970.

C’est au 111 Gough Street qu’on trouve la cathédrale la plus dingue du XXème siècle, St Mary of the Assumption. Coïncidence : elle a été consacrée en 1971, en plein idylle entre rock et LSD.

J’y connais rien en architecture mais qu’on ne vienne pas me dire que Pietro Belushi a conçu ce bâtiment sans jeter le moindre coup d’œil à ce qui se passait en ville à l’époque. Dieu aime la drogue, cet édifice en est la preuve tangible.

En 1973 est achevée la Transamerica Pyramid, une tour qui culmine à 259 m de hauteur, au centre du quartier d’affaires.

Très décriée à l’origine, l’aiguille de Perreira (du nom de l’architecte) permet aujourd’hui de s’orienter dans la ville. Sa pointe est recouverte de Quartz broyé, c’est pour ça qu’elle brille pas mal au soleil. A son ombre se trouve le Golden Era building, bâtiment construit pendant la ruée vers l’or.

J’en parle uniquement parce que Mark Twain, le père de Tom Sawyer, y a travaillé un temps comme journaliste.


You are currently viewing San Francisco au 20e : Destruction, crise et béton
Hôtel de ville de San Francisco en 1906 - photo de Walter Curran Mendenhall

Maciej

J'aime me perdre à la recherche d'endroits surprenants.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.