Depuis sa fondation par les Musulmans en passant par le Reconquista, et aux autres guerres et révoltes venus de loin ou d’un sentiment d’injustice intime : Quelques marqueurs historiques pour comprendre Cuenca.

Aux origines : Cuenca avant la conquête arabe
Avant l’arrivée des musulmans au début du VIIIᵉ siècle, le site de Cuenca ne constitue pas encore une grande ville structurée, mais il n’est pas pour autant marginal. Le territoire est occupé dès la préhistoire, puis intégré aux sphères celtibère, romaine et enfin wisigothique.
Les Romains exploitent les ressources naturelles de la région et aménagent des voies de communication, sans toutefois y établir un centre urbain majeur comparable à Segóbriga dans la ville de Saelices.
Sous les Wisigoths, Cuenca s’inscrit dans un espace ruralisé, marqué par l’affaiblissement des structures administratives antiques. Le site conserve néanmoins un intérêt stratégique latent : son promontoire rocheux, encadré par les gorges du Júcar et du Huécar, offre des qualités défensives exceptionnelles, appelées à devenir déterminantes dans les siècles suivants.
La période islamique : fondation d’une ville fortifiée (VIIIᵉ–XIIᵉ siècles)
La véritable naissance urbaine de Cuenca intervient durant la période islamique.
Après la conquête d’al-Andalus, la ville — alors connue sous le nom de Kunka — est intégrée vers 714 à la Marche moyenne (al-Ṯaġr al-Awsaṭ), zone frontalière instable entre territoires musulmans et royaumes chrétiens du nord.
Cuenca devient une place forte stratégique, organisée autour d’une alcazaba, de remparts et d’une grande mosquée. Son rôle n’est pas seulement militaire : elle sert aussi de centre administratif local, structurant un territoire rural environnant.
La ville bénéficie de savoir-faire islamiques en matière d’urbanisme, de gestion de l’eau et d’architecture défensive.
3 siècles plus tard en 1031, la chute du Califat de Cordoue et son émiettement en de nombreux émirats (ou taïfas) marque une forte instabilité politique. Cuenca est successivement sous la dominations du taïfa de Tolède, puis celui de Séville pour enfin être associé à celui de Valence.
Aux affrontements entre pouvoirs musulmans s’ajoute la pression croissante des royaumes chrétiens. Cuenca est définitivement conquise par Alphonse VIII de Castille en 1177. La ville aura été musulmane pendant 463 ans.

Après la Reconquista : christianisation et intégration castillane
La prise de Cuenca par les troupes chrétiennes constitue un tournant majeur.
La ville est rapidement intégrée au royaume de Castille et érigée en siège épiscopal, ce qui entraîne une profonde reconfiguration de l’espace urbain. La grande mosquée est remplacée par la cathédrale de Cuenca, symbole de la nouvelle autorité religieuse et politique.
L’enjeu principal de cette période est la repopulation (repoblación). Des colons chrétiens, venus de différentes régions de la péninsule et parfois d’au-delà des Pyrénées, s’installent dans la ville et ses environs. Cette dynamique favorise la diversification sociale et économique, tout en instaurant de nouvelles structures juridiques, notamment à travers l’octroi de fueros (chartes de privilèges).
Au Moyen Âge tardif, Cuenca devient un centre artisanal reconnu, en particulier pour la production textile, qui assure sa prospérité relative. Toutefois, la ville reste marquée par sa position périphérique et par une dépendance aux équilibres politiques castillans.

Temps modernes : entre stabilité et marginalisation relative
À l’époque moderne (XVIᵉ–XVIIIᵉ siècles), Cuenca connaît une phase de stabilisation institutionnelle, mais aussi un lent déclassement économique face à d’autres pôles urbains plus dynamiques. La ville conserve une importance administrative et religieuse, tandis que son patrimoine monumental s’enrichit d’ajouts renaissants et baroques.
Les enjeux de cette période sont essentiellement liés à la gestion d’un héritage médiéval dans un contexte de centralisation monarchique croissante. Cuenca reste fidèle à la Couronne, mais subit les effets des crises démographiques et économiques qui touchent l’Espagne à partir du XVIIᵉ siècle.
La guerre d’Indépendance (1808–1814) : rupture et violence
L’invasion napoléonienne bouleverse profondément la ville. Cuenca est occupée par les troupes françaises, puis reprise dans un climat de violence extrême. Les combats, les pillages et la répression provoquent de lourdes pertes humaines et patrimoniales.
L’enjeu dépasse le cadre local : Cuenca s’inscrit dans un conflit qui remet en cause l’ordre politique traditionnel et ouvre la voie aux débats sur la souveraineté, la constitution et le rôle de l’État.
Comme de nombreuses villes espagnoles, elle sort de la guerre affaiblie, économiquement et démographiquement.

Les révoltes carlistes : Cuenca dans l’Espagne du XIXᵉ siècle
Au XIXᵉ siècle, Cuenca est indirectement affectée par les guerres carlistes, qui opposent partisans de l’absolutisme traditionnel à défenseurs du libéralisme monarchique. Bien que la ville ne soit pas un épicentre du conflit, la région connaît des tensions, des passages de troupes et une insécurité chronique.
Les enjeux sont ici idéologiques : il s’agit de définir le modèle politique de l’Espagne contemporaine. Cuenca, comme beaucoup de villes de l’intérieur, oscille entre traditions conservatrices et lente pénétration des idées libérales, sans bénéficier pleinement des dynamiques industrielles.

Alfredo Perea.

La guerre d’Espagne et le XXᵉ siècle
Lors de la guerre civile espagnole (1936–1939), Cuenca se situe en zone républicaine pendant une grande partie du conflit. La ville connaît des tensions politiques, des violences ciblées et des transformations sociales rapides. Le patrimoine religieux est menacé, même si Cuenca échappe aux destructions massives subies par d’autres villes.
Sous le franquisme, Cuenca traverse une période de repli démographique et économique, marquée par l’exode rural. L’enjeu principal devient la survie même de la ville historique, confrontée à l’abandon et à la dégradation du bâti ancien.
De la transition démocratique à aujourd’hui
Depuis la fin du XXᵉ siècle, Cuenca connaît une revalorisation progressive de son patrimoine. Le classement de la vieille ville au patrimoine mondial de l’UNESCO (1996) marque un tournant décisif.
La ville mise désormais sur la culture, le tourisme et l’identité paysagère pour redéfinir son rôle.
L’enjeu est double : préserver un héritage urbain exceptionnel tout en évitant la muséification…
Carte de Cuenca : Lieux du guide touristique
Retrouvez tous les lieux du guide à visiter sur la carte de Cuenca (Espagne) : Hébergements et hôtels selon votre budget, monuments incontournables, musées à ne pas rater et insolites, jardins, bars et cafés originaux…
Bon plan ! Vous pouvez télécharger gratuitement la carte pour une utilisation hors connexion.
Où dormir à Cuenca (Espagne) en 2026 ? Sélections d’hébergements jolis, centraux ou pas chers
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