Au pied du pont de l’Académie, dans le quartier de Dorsoduro, les Gallerie dell’Accademia réunissent la plus importante collection de peinture vénitienne, du XIVe au XVIIIe siècle. Bellini, Giorgione, Carpaccio, Titien, Tintoret, Véronèse et Tiepolo y sont présentés dans un ancien ensemble religieux en partie dessiné par Palladio. Le musée conserve aussi l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, exposé seulement à de rares occasions.

Le Gallerie dell’Accademia se trouve dans le quartier de Dorsoduro à Venise. A proximité, deux autres musées : L’art moderne au musée Peggy Guggenheim et l’art contemporain au Palazzo Grassi (Fondation Pinault).
Les Galeries de l’Académie rassemblent une importante collection de peintures vénitiennes datant du 14e siècle au 18e siècle.
Histoire du musée
De l’Académie des beaux-arts au musée
Les Gallerie dell’Accademia sont nées de l’Académie des beaux-arts de Venise fondée en 1750.
En 1807, l’Académie est refondée par un décret napoléonien et s’installe dans l’ancien complexe de Santa Maria della Carità.
Les collections enrichies des œuvres provenant des églises et des couvents supprimés sous l’occupation française ouvrent au public en 1817.
La galerie devient indépendante de l’école en 1879. L’Académie des beaux-arts quitte définitivement les lieux en 2004 pour s’installer à l’ancien hôpital des Incurabili ce qui permet d’agrandir le musée.
Un ancien ensemble religieux
Le musée occupe trois édifices réunis : la Scuola Grande de Santa Maria della Carità, confrérie fondée en 1343, l’église de la Carità, dont la façade fut achevée en 1441 par Bartolomeo Bon, et le couvent des chanoines du Latran, commencé par Andrea Palladio en 1561 et resté inachevé. Les salles sont réparties autour de deux cours, et le parcours suit globalement l’ordre chronologique.
L’entrée se fait par le campo della Carità, sur le Grand Canal, au pied du pont de l’Académie. Depuis le Pont de l’Académie, on découvre l’une des plus belles vues de Venise sur la basilique Santa Maria della Salute. À proximité se trouvent deux autres musées majeurs : la collection Peggy Guggenheim, consacrée à l’art moderne, et le Palazzo Grassi de la Fondation Pinault, dédié à l’art contemporain.
Collection du musée Gallerie dell’Accademia
Des primitifs vénitiens à la Renaissance
La visite commence par les primitifs vénitiens du XIVe siècle, sur fond d’or, avec notamment Paolo Veneziano, Jacobello Alberegno et Michele di Matteo. Elle se poursuit avec la Renaissance vénitienne et ses grands noms. Giovanni Bellini est représenté par plusieurs Madones, dont la Madone aux chérubins rouges et la Madone aux arbrisseaux (Madonna degli Alberetti). Son frère Gentile Bellini a peint la Procession sur la place Saint-Marc, précieux document sur l’aspect de la place à la fin du XVe siècle.
Deux ensembles comptent parmi les points forts du musée. La Tempête de Giorgione, petit tableau énigmatique dont le sujet divise toujours les historiens d’art, et le cycle de la Légende de sainte Ursule de Vittore Carpaccio, peint pour la Scuola di Sant’Orsola, qui fourmille de détails de la vie vénitienne.






Titien, Tintoret et Véronèse
Le XVIe siècle vénitien est représenté par ses trois géants. La Pietà de Titien, sa dernière œuvre, restée inachevée à sa mort, est d’une intensité saisissante. Tintoret est présent avec plusieurs grandes toiles, dont la Création des animaux. Véronèse occupe une salle entière avec son immense Repas chez Levi (voir plus bas).

Des œuvres inattendues
Le musée réserve quelques surprises, comme les panneaux de Jérôme Bosch, peintre flamand rarement visible en Italie, ou le lion sculpté par Antonio Canova pour le monument funéraire du pape Clément XIII.

Homme de Vitruve de Leonard de Vinci
Le cabinet des dessins de l’Accademia conserve l’Homme de Vitruve, célèbre dessin annoté de Léonard de Vinci (1452-1519).
Il représente les proportions idéales du corps humain, inscrit à la fois dans un cercle dont le centre est le nombril et dans un carré.
Inspiré des écrits de l’architecte romain Vitruve, le dessin est devenu le symbole de la Renaissance et de l’humanisme. Il place l’homme et la mesure au centre de la représentation du monde.
Très sensible à la lumière, l’original n’est exposé que quelques semaines tous les six ans environ (!)
Le reste du temps, le visiteur peut en voir une reproduction et d’autres dessins de l’entourage de Léonard comme les caricatures de son élève Francesco Melzi.



Veronèse et l’Inquisition
Une Cène trop profane
L’une des histoires les plus savoureuses du musée concerne le Repas chez Levi de Véronèse.
La toile est peinte en avril 1573 pour le réfectoire du couvent dominicain de Santi Giovanni e Paolo où elle doit représenter la Cène.
Le dernier repas du Christ avec ses apôtres est représenté en un banquet fastueux sous une architecture de portiques, peuplé de convives et de figures pittoresques : buveurs, bouffons et nains, serviteurs, hallebardiers aux allures d’Allemands, Turcs en turban, un serviteur dont le nez saigne, un chien et un perroquet.
Le procès
La représentation est jugée inconvenante pour un sujet aussi sacré.
Véronèse est convoqué devant le tribunal de l’Inquisition en juillet 1573. Interrogé sur la présence de tous ces personnages, il défend la liberté de l’artiste en répondant que les peintres prennent les mêmes libertés que les poètes et les fous.
Le tribunal lui ordonne de corriger son tableau à ses frais dans un délai de trois mois.
Un changement de titre
Plutôt que de modifier la toile, Véronèse change son titre. La Cène devient le Repas chez Levi en référence à l’épisode de l’Évangile de Luc (5, 29-32).
Lévi, le futur apôtre Matthieu, offre un grand festin en l’honneur de Jésus. Y participent des collecteurs d’impôts et des pécheurs, au grand scandale des pharisiens. Ce sujet justifiait la présence d’une foule de convives plus ou moins recommandables.
« Lévi organisa, dans sa maison, une grande réception en l’honneur de Jésus. De nombreuses personnes étaient à table avec eux, et, parmi elles, des collecteurs d’impôts. Les pharisiens, et les spécialistes de la Loi qui appartenaient à leur parti s’indignaient et interpellèrent les disciples de Jésus : Comment pouvez-vous manger et boire avec ces collecteurs d’impôts, ces pécheurs notoires ? Jésus leur répondit : Ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, ce sont les malades qui en ont besoin. Ce ne sont pas des justes, mais des pécheurs que je suis venu appeler à changer. » (Luc 5:29-32)
Pirouette, cacahouète.
Saisie par l’armée française et emportée à Paris, la toile est restituée en 1815 et confiée aux Gallerie dell’Accademia.

Visite guidée privée des Gallerie dell’Accademia de Venise
Informations pratiques Gallerie dell’Accademia de Venise
Le musée Gallerie dell’Accademia de Venise se trouve dans le quartier de Dorsoduro.
Adresse : Campo della Carita, 1050, 30123 Venezia VE, Italie
Accès : vaporetto lignes 1, 2 et N, arrêt Accademia
Horaires d’ouverture : du mardi au dimanche de 9h à 19h (fin de la vente des billets à 18h) ; entrée gratuite le premier dimanche du mois
Tarifs de la visite : 20 € (plein tarif), 2 € (citoyens de l’UE de 18 à 25 ans), gratuit pour les moins de 18 ans ; billet combiné Dorsoduro Museum Mile à 17 € ; audioguide 6 €
Site officiel : https://www.gallerieaccademia.it
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