L’un des musées d’art moderne et contemporain les plus intéressants de Pologne occupe une construction moderne à 2 pas du centre historique de Torun. L’institution propose des expositions temporaires diverses, engagées et accessibles pour le plus bonheur des amateurs d’art. A ne pas rater !

À la différence des musées de la vieille ville, tous logés dans des édifices gothiques ou baroques hérités de plusieurs siècles d’histoire marchande, le Centre d’art contemporain de Toruń affiche d’emblée sa modernité : c’est l’un des plus grand bâtiment dédié à l’art contemporain construit en Pologne après 1939. Avec le MOCAK à Cracovie et le Musée d’art moderne de Varsovie.
Un bâtiment pensé en dialogue avec la vieille ville
Le terrain retenu pour la construction, un vaste espace de sept hectares connu localement sous le nom de Jordanki, jouxte directement l’ensemble médiéval classé au patrimoine mondial, entre la Czerwona Droga, l’avenue Jean-Paul-II et les Wały gen. Sikorskiego. Le bâtiment ouvrit ses portes au public le 14 juin 2008.
L’architecte Edward Lach a délibérément choisi une façade en briques pour établir un dialogue de matière avec le gothique brique de la vieille ville voisine, tout en assumant une volumétrie résolument contemporaine : l’édifice se déploie sur un plan presque carré d’environ 49 mètres de côté, structuré en plusieurs modules dont l’un, cylindrique et entièrement vitré, abrite un escalier en spirale reliant les trois niveaux du bâtiment.
Une extension technique et pédagogique, achevée en 2023, est venue compléter l’ensemble. Le centre développe au total environ 4 000 m² de surface d’exposition.
Un rooftop coiffe le bâtiment mais n’offre aucune vue remarquable de la ville… C’est à se demander pourquoi l’architecte à créer cet espace. Il permet, point positif, d’avoir un espace d’exposition extérieur plus ou moins agréable à parcourir en fonction de la météo.



Espaces intérieurs et collection
Le rez-de-chaussée regroupe les fonctions d’accueil du public : le Kino Centrum, salle de cinéma d’art dont la programmation, plus confidentielle que celle des grands multiplexes, est appréciée pour son exigence, une librairie spécialisée en art (art contemporain, architecture, décoration, littérature…) et un agréable café lumineux et verdoyant.
Le premier, 2e étage et rooftop sont entièrement dévolue aux salles d’exposition temporaire. La galerie ne propose pas d’exposition permanente.

Collection / programmation
Le centre organise chaque année plusieurs expositions temporaires consacrées à la création polonaise et internationale, aux côtés d’ateliers, de projections et de rencontres avec des artistes.
Il accueille depuis 2009 les expositions itinérantes du World Press Photo, l’une des sélections de photojournalisme les plus suivies au monde, ainsi que plusieurs festivals qu’il organise ou coproduit, dont Pole Widzenia, consacré aux pratiques visuelles émergentes, et le festival musical CoCArt.
Projet 17P
« Le Projet 17P est une exposition présentée dans le cadre de la dernière édition du Plaster Festival, et consacrée à la typographie et à son rôle dans le graphisme contemporain.
L’exposition, qui rassemble les œuvres de designers de plusieurs continents, est dominée par des affiches construites autour de formes typographiques audacieuses.
À travers la typographie, les artistes expriment des angoisses sociales, s’interrogent sur la condition humaine et commentent les phénomènes artistiques et culturels actuels.
Une part importante de l’exposition est dédiée au design éditorial, notamment aux couvertures de livres, aux pochettes d’albums et aux pochettes de disques vinyles. Bien que moins visibles, ces œuvres contribuent fortement à façonner la sensibilité esthétique et la culture visuelle des visiteurs.
L’exposition est complétée par des projections d’affiches animées qui, à l’ère du numérique omniprésent, constituent un prolongement naturel de la pratique du design. Ces courtes vidéos en boucle s’affranchissent de la nature statique des affiches traditionnelles, ouvrant la voie à de nouvelles expériences et redéfinissant la perception de la typographie contemporaine. » D’après le texte de présentation de l’expo.


Pop art « Have a sweet happy life »
« La métaphore de la consommation, telle qu’on l’entend généralement, avec son esthétique spécifique – fondée sur le langage publicitaire et les images représentant des icônes de la culture populaire ou des objets de désir universel –, fait partie intégrante du champ artistique depuis plusieurs décennies.
Elle s’est reflétée dans de nombreux mouvements et stratégies artistiques, du pop art à l’art critique.
Utilisée dans des contextes divers, elle a invariablement illustré le rôle crucial du désir dans nos vies.
Rêves, aspirations et envies peuvent être source d’énergie pour l’évolution et le développement créatifs, un moteur du changement, ou l’expression d’une fascination innocente, presque enfantine, pour un objet.
Par ailleurs, alimentés par un mécanisme d’insatiabilité implacable, ils peuvent aussi engendrer frustration, sentiment de contrainte, d’exclusion et de manque.
En se référant à la culture de consommation, les artistes peuvent adopter une position critique sur le matérialisme et l’hédonisme, omniprésents et inhérents à la nature humaine.
Nous sommes encouragés à porter notre attention sur les enjeux sociaux et à reconnaître que la production de biens a ses aspects sombres, comme la surexploitation des ressources naturelles ou les ingérences politiques.
La culture de masse a transformé l’image en marchandise. Cela se manifeste trop facilement dans les représentations de femmes, stéréotypées comme pourvoyeuses de plaisir.
Plus la réalité est saturée d’images promettant satisfaction, plus nous devrions nous interroger sur la contribution réelle de nos désirs à notre bien-être. L’exposition « Have a Sweet Happy Life » soulève plusieurs questions à ce sujet. Comment le bonheur se définit-il par la consommation ? Au fil des décennies, qu’est-ce qui a captivé l’imaginaire collectif et est devenu un objet de désir ? Nos appétits, autrefois aiguisés, ont-ils été assouvis ? Les icônes de la culture populaire sont-elles en mesure de redéfinir la réalité ? » D’après le texte de présentation de l’expo.



Informations pratiques
Adresse : ul. Wały gen. Sikorskiego 13, 87-100 Toruń, à quelques minutes à pied de la vieille ville, entre le Rynek Staromiejski et le centre de congrès Jordanki.
Horaires : le centre est fermé le lundi (l’accès au bâtiment reste toutefois possible ce jour-là par l’entrée est, côté banque BNP, pour les usagers de la librairie ou du café). Il est ouvert du mardi au jeudi de 12 h à 18 h, le vendredi de 12 h à 20 h, et le samedi et le dimanche de 12 h à 19 h.
Tarif d’entrée (en 2026) : billet plein tarif à 15 złotys, tarif réduit à 10 złotys ; un billet donnant accès à l’ensemble des expositions en cours coûte 35 złotys en plein tarif et 25 złotys en tarif réduit. Le jeudi, l’entrée aux expositions est ramenée à 5 złotys.
Cinéma : les places du Kino Centrum sont vendues 16 złotys en plein tarif et 14 złotys en tarif réduit, sensiblement moins chères que dans les multiplexes de la ville.
Site officiel : https://csw.torun.pl/
Carte de Torun (Pologne) : Lieux du guide touristique
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