Entre les eaux tranquilles de l’étang de Thau et les rives animées de Marseillan et Sète, le pays de Thau offre aux couples comme aux familles un condensé de patrimoine languedocien. Canal du Midi, villages ostréicoles, vestiges gallo-romains, église gothique fortifiée et halles gourmandes composent un itinéraire à la fois culturel et savoureux, praticable à vélo grâce aux pistes cyclables qui longent la lagune.

Vue de l'étang de Thau  depuis la colline de Sète - Photo de Christian Ferrer - Licence ccbysa 4.0
Vue de l’étang de Thau depuis la colline de Sète – Photo de Christian Ferrer – Licence ccbysa 4.0

Où loger pour cette escapade ? Marseillan plage constitue une base pratique pour rayonner entre canal du Midi, étang de Thau et centre historique de Sète. Découvrir ces 3 campings à Marseillan plage, une option confortable pour les familles.

  • Beach Garden : accès direct à la plage de sable fin, bassin de nage 33 m, grand toboggan, espace balnéo. Ambiance familiale et animations en journée.
  • Nouvelle Floride : le plus festif des trois, trois toboggans spectaculaires, animations nocturnes (cabaret, karaoké, discothèque).
  • Charlemagne : plus calme et arboré, piscine couverte chauffée, à 200 m de la plage, idéal détente en famille.
Dans le port de Marseillan - Photo de Philippe Ampe - Licence ccbysa 3.0
Dans le port de Marseillan – Photo de Philippe Ampe – Licence ccbysa 3.0

Le phare des Onglous et la piste cyclable du canal du Midi

À la pointe des Onglous, à l’extrémité sud-ouest de Marseillan, le canal du Midi achève sa course de 241 kilomètres en se jetant dans l’étang de Thau.

Cet ouvrage conçu par Pierre-Paul Riquet et achevé au XVIIe siècle relie l’Atlantique à la Méditerranée et figure depuis 1996 au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le phare des Onglous, construit en 1838, marque la jonction symbolique entre les eaux douces du canal et les eaux iodées de la lagune.

Ce site constitue le point de départ idéal d’une randonnée à vélo. Une piste plate et ombragée longe le canal puis les rives de l’étang, particulièrement adaptée aux familles. Marseillan dispose de 30 kilomètres de pistes cyclables accessibles depuis la commune.

L‘itinéraire relie le centre-ville au phare des Onglous, puis se prolonge vers Mèze et Bouzigues entre roselières et parcs à coquillages. Comptez une à deux heures de pédalage tranquille pour l’aller simple, avec une pause baignade possible en chemin.

Canal du midi à Marseillan - Photo de ByB - Licence ccbysa 2.5
Canal du midi à Marseillan – Photo de ByB – Licence ccbysa 2.5
Phare des onglous à Marseillan avec Sète en arrière plan - Photo de Matthieu Faure - Licence ccbysa 2.0
Phare des onglous à Marseillan avec Sète en arrière plan – Photo de Matthieu Faure – Licence ccbysa 2.0

Bouzigues, capitale historique de l’huître de Thau

À une 15-aine de minutes de route de Marseillan, Bouzigues est le berceau de la conchyliculture méditerranéenne.

Les fouilles de la villa gallo-romaine de Loupian toute proche ont confirmé que les huîtres plates de la lagune étaient déjà pêchées et exportées vers Rome dès l’Antiquité. Le village est mentionné dès cette époque par le géographe romain Pomponius Mela sous le nom de Polygium, avant que son nom n’évolue au IVe siècle en Posygium puis Bosygium.

La pêche à l’huître resta une activité secondaire jusqu’au XIXe siècle. C’est en 1904 qu’un certain Tudesq rachète la première concession et met au point une technique consistant à fixer les huîtres sur des bâtons de palétuvier au moyen de ciment, en remplacement des lourdes barres de béton utilisées jusque-là.

Ce procédé marque le début de l’élevage en suspension caractéristique du bassin de Thau. Le musée de l’étang de Thau retrace aujourd’hui cette épopée conchylicole, à compléter par une promenade le long des parcs et une dégustation chez le producteur.

Vue sur l'étang de Thau et Bouzigues - Photo de Christian Ferrer - Licence ccbysa 3.0
Vue sur l’étang de Thau et Bouzigues – Photo de Christian Ferrer – Licence ccbysa 3.0
Ferme ostréicole à l'Etang de Thau - Photo de Demeester - Licence ccbysa 4.0
Ferme ostréicole à l’Etang de Thau – Photo de Demeester – Licence ccbysa 4.0
Maquette de bateau dans le Musée de l'étang de Thau - Photo de Marie Laure Guerbois - Licence c0
Maquette de bateau dans le Musée de l’étang de Thau – Photo de Marie Laure Guerbois – Licence c0
Vue depuis le toit du Musée de l'étang de Thau - Photo de Marie Laure Guerbois - Licence c0
Vue depuis le toit du Musée de l’étang de Thau – Photo de Marie Laure Guerbois – Licence c0

La villa gallo-romaine des Prés-Bas

Découverte sous le soc d’une charrue en 1962 puis fouillée entre 1976 et 1982, la villa gallo-romaine des Prés-Bas occupe un site de trois hectares en bordure de la via Domitia. Occupé du Ier siècle avant notre ère au VIe siècle après, le domaine passa du statut de simple ferme à celui de petit palais campagnard entouré de vignes.

Sa renommée tient à ses mosaïques polychromes, datées du Ve siècle et classées monument historique depuis 1970, qui couvrent 450 mètres carrés. Leur particularité réside dans la coexistence de deux styles distincts, l’un d’inspiration aquitaine, l’autre syrienne, probablement dus au recrutement simultané de plusieurs équipes de mosaïstes pour achever rapidement le chantier.

Un bâtiment de protection abrite l’ensemble, avec des passerelles surélevées offrant une vue panoramique. Deux salles d’exposition complètent la visite, familiale et accessible, comptant environ une heure.

Mosaïque à la gloire du printemps au Musée Villa Pré Bas à Loupian - Photo de JYB Devot - Licence ccbysa 4.0
Mosaïque à la gloire du printemps au Musée Villa Pré Bas à Loupian – Photo de JYB Devot – Licence ccbysa 4.0
Ambiance terrazzo avant l'heure avec le sol du Musée Villa Pré Bas à Loupian - Photo de JYB Devot - Licence ccbysa 4.0
Ambiance terrazzo avant l’heure avec le sol du Musée Villa Pré Bas à Loupian – Photo de JYB Devot – Licence ccbysa 4.0

L’église Sainte-Cécile de Loupian, forteresse gothique

À quelques pas du site antique, le village de Loupian conserve l’église Sainte-Cécile. Un édifice dédié à cette sainte y est attesté dès 1099, mais le bâtiment actuel, classé monument historique depuis 1949, fut construit au XIVe siècle sur les vestiges d’une église paléochrétienne encore visibles côté nord.

Représentative du gothique languedocien, l’église contraste par son extérieur austère, presque défensif, et l’ampleur de son volume intérieur. La façade, rythmée de puissants contreforts formant murs-boutants et couronnée d’un modeste clocheton, évoque une forteresse plutôt qu’un édifice religieux, une sobriété liée à son intégration au système défensif du village.

À l’intérieur, la nef unique de cinq travées barlongues, achevée par une abside heptagonale, se distingue par l’absence totale de sculpture.

Les amateurs d’architecture romane prolongeront la visite par la chapelle castrale Saint-Hippolyte, du XIIe siècle, dont le chœur voûté en cul-de-four et le portail à arc outrepassé, d’influence wisigothique, forment une curiosité notable.

Eglise Sainte Cécile de Loupian : Un air de forteresse - Photo de Christian Ferrer - Licence ccbysa 4.0
Eglise Sainte Cécile de Loupian : Un air de forteresse – Photo de Christian Ferrer – Licence ccbysa 4.0
Palmier devant Eglise Sainte Cécile de Loupian - Photo de John Samuel - Licence ccbysa 4.0
Palmier devant Eglise Sainte Cécile de Loupian – Photo de John Samuel – Licence ccbysa 4.0

Les Halles, un détour gourmand à composer soi-même

Aucune escale ne serait complète sans un passage par les halles de Marseillan et de Sète, qui rassemblent toute l’année les meilleurs produits de la lagune. Voici quelques idées à concocter ou à ramener en souvenir.

  • La brasucade de moules se prépare en grillant les moules sur un feu de sarments de vigne, arrosées d’huile d’olive et d’ail, un plat familial idéal sur une plancha.
  • La tielle sétoise, tourte garnie de poulpe mijoté en sauce tomate épicée, constitue l’emblème culinaire de Sète, à déguster tiède ou en pique-nique.
  • Les moules farcies à la sétoise, à la farce de mie de pain, d’œuf, d’ail et de persil, complètent un repas d’huîtres de Bouzigues dégustées nature, au citron.

Côté vin, le Picpoul de Pinet, blanc vif et minéral, accompagne traditionnellement les plateaux de fruits de mer et se trouve en direct producteur sur les marchés.

Pour un cadeau souvenir, tapenade en bocal, biscuits croquants à l’anis ou muscat de Frontignan complètent avec élégance un panier composé aux halles, entre produits de la mer et douceurs du terroir languedocien.

Tielle sétoise, spécialité locale - Photo de Marianne Boudoy - Licence ccbysa 4.0
Tielle sétoise, spécialité locale – Photo de Marianne Boudoy – Licence ccbysa 4.0

Maciej Poltorak

J'aime me perdre à la recherche d'endroits surprenants.