Entre Théoule et Menton, les plus belles baignades ne sont pas toujours celles que l’on rejoint en voiture en suivant un panneau “plage”. Souvent, elles se trouvent au bout d’un sentier. C’est cette petite part d’effort qui leur donne leur valeur.

La Côte d’Azur a beau être l’un des rivages les plus photographiés d’Europe, elle conserve encore des échappées discrètes. Il suffit souvent de quitter la route, de suivre un sentier côtier, de contourner un cap rocheux ou de marcher vingt minutes de plus que la foule pour tomber sur une anse de galets, un replat minéral au ras de l’eau, ou une petite plage lovée sous les pins.
Entre Théoule-sur-Mer et Menton, plusieurs itinéraires permettent justement d’atteindre ces coins de baignade moins visibles, souvent parce qu’ils sont enchâssés dans des reliefs, nichés au bout d’un chemin littoral, ou protégés par un accès uniquement pédestre.
Les plus spectaculaires se trouvent autour de la Pointe de l’Aiguille à Théoule, des caps de Saint-Jean-Cap-Ferrat, de Cap-d’Ail et de Roquebrune-Cap-Martin.
Où dormir sur la Riviera ?
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Théoule-sur-Mer, la roche rouge et les criques de la Pointe de l’Aiguille
Un départ idéal pour chercher des anses discrètes
À l’extrémité occidentale des Alpes-Maritimes, Théoule-sur-Mer offre sans doute l’un des plus beaux contrastes du littoral azuréen : la roche rouge de l’Estérel y plonge directement dans la Méditerranée.
Le Parc naturel départemental de la Pointe de l’Aiguille est l’un des meilleurs points de départ pour ceux qui cherchent une marche courte avec récompense immédiate.
Le parc comprend des sentiers pédestres aménagés au-dessus de la corniche et, dans sa partie littorale, plusieurs plages de galets nichées dans des criques sauvages.
Où se baigner ?
Ce n’est pas une plage secrète au sens absolu, mais les petites anses de la Pointe de l’Aiguille restent beaucoup plus confidentielles que les grandes plages urbaines de la Riviera.
On vient ici pour la couleur du site, pour le mélange de rouge volcanique et d’eau turquoise, et pour cette impression d’être un peu à l’écart du ruban balnéaire classique.
La baignade y est plus belle le matin ou en fin d’après-midi, quand la lumière sculpte les reliefs. En été, le secteur est aussi connu pour son sentier sous-marin, accessible de la mi-juin à la mi-septembre, preuve de la qualité de ses petits fonds.
Cap-d’Ail, le sentier côtier qui mène à la Mala
Une marche facile vers une crique-jardin
À l’autre bout de la Riviera, près de Monaco, le sentier du littoral de Cap-d’Ail relie la plage Marquet à la plage Mala sur environ 3,6 kilomètres.
Ce parcours est une balade facile, avec un chemin littoral suspendu entre falaises blanches, escaliers, petits ouvrages maçonnés et ouverture constante sur la mer.

Pourquoi y aller à pied plutôt qu’en accès classique ?
La plage Mala est connue, mais l’approche pédestre change complètement l’expérience.
Arriver à la crique par le sentier, après avoir longé la roche et les pins, donne le sentiment de découvrir un refuge plus qu’une station balnéaire. C’est aussi l’une des plus belles descentes vers l’eau de toute la Côte d’Azur orientale.
La mer y prend souvent des nuances très claires, entre bleu pâle et vert. Il faut toutefois éviter les jours de forte mer et privilégier le matin en été, car l’exposition solaire peut être intense.
Saint-Jean-Cap-Ferrat, les replis du cap et les haltes de baignade
Un littoral à parcourir lentement
Le cap Ferrat ne se résume pas à ses villas et à ses cartes postales. Son réseau de sentiers littoraux permet encore de rejoindre des portions de côte plus discrètes, notamment autour de la Pointe Saint-Hospice.
Vous pourrez y emprunter un itinéraire facile entre le Jardin de la Paix et Paloma Beach, long de 1,8 km, avec un temps de marche d’environ 40 minutes.

Des coins de baignade plus intimes que les grandes plages urbaines
Ici, la vraie richesse n’est pas une crique unique à “collectionner”, mais la succession de points d’arrêt, de petites cales minérales, de replats au bord de l’eau et de vues ouvertes vers Èze, Beaulieu et Villefranche.
Roquebrune-Cap-Martin, le sentier Le Corbusier et la plage du Buse
Le plus beau compromis entre randonnée et baignade cachée
Pour ceux qui cherchent un spot plus confidentiel, le secteur de Roquebrune-Cap-Martin est probablement le plus intéressant avec le sentier littoral du Cap Martin ainsi que le sentier Le Corbusier.
Elles indiquent un parcours d’environ 4,7 km en aller simple pour le sentier du Cap Martin, et soulignent explicitement comme point fort du site la plage du Buse et ses eaux cristallines, idéale pour une baignade après la marche.
Une crique plus discrète que les plages de Menton
La plage du Buse n’est pas immense, et c’est précisément ce qui fait son charme. Enserrée entre la roche et le sentier, elle a quelque chose de plus retiré, de plus minéral, presque de plus méditerranéen au sens brut.
On y vient moins pour s’étendre des heures que pour alterner marche, observation du littoral et baignade limpide. Ce tronçon est particulièrement réussi hors pleine affluence, en juin, en septembre, ou tôt le matin en plein été.
Menton, la fin du parcours et les dernières échappées littorales
À Menton même, le rivage devient plus urbain, plus dessiné par la ville, mais il reste intéressant comme point d’aboutissement.
Conseils pratiques pour profiter de ces criques
- La première règle est de partir tôt. Sur la Côte d’Azur, une crique “secrète” à 11 h en août cesse vite de l’être.
- La deuxième est d’accepter que la discrétion passe souvent par des galets, des accès en escaliers, des rochers ou un confort plus sommaire que sur une plage classique.
- La troisième est de respecter scrupuleusement les sentiers balisés, en particulier dans les zones naturelles de Théoule et de l’Estérel, où les falaises littorales imposent de ne pas sortir des cheminements aménagés.
- Enfin, il faut toujours regarder l’état de la mer : certains sentiers côtiers, notamment à Cap-d’Ail, sont moins agréables voire déconseillés lorsque la houle entre dans les criques.
