Condensé rapide de l’histoire riche de Padoue pour avoir des éléments de contexte et replacer l’ importance de la ville de l’antiquité à 1945.

À quarante kilomètres de Venise, dans la plaine de la Vénétie, Padoue occupe une position à égale distance de la montagne et de la mer, au croisement des routes de Milan à Venise et de Bologne aux Alpes. Cette position a déterminé deux millénaires d’histoire : Padoue fut tour à tour ville vénéte, colonie romaine, commune médiévale libre, seigneurie de mécènes, université des plus grands savants de l’Occident et chef-lieu de province dans le royaume d’Italie unifié.
Pour le visiteur contemporain, Padoue se résume souvent à deux monuments absolus : la chapelle des Scrovegni et ses fresques de Giotto, point de départ de la peinture occidentale moderne ; et la basilique Saint-Antoine, l’un des lieux de pèlerinage catholique les plus fréquentés du monde.
Histoire courte de Padoue
Des périodes de stabilité à l’antiquité, sous la République de Venise et depuis 1945 entrecoupées de périodes de troubles et de guerres : Invasions barbares, lutte entre les grandes familles italiennes (Carrare, Scaglieri, Visconti) à la Renaissance, lutte d’indépendance italienne, première et deuxième guerre mondiale.

Histoire longue de Padoue
Padoue est l’une des villes les plus anciennes d’Italie. Elle aurait été fondée en -1183 avant JC par des Troyens fuyant la chute de Troie ou une révolution alliés aux tribus celtes des Vénètes.
Les Vénètes des Padoue repoussent plusieurs envahisseurs spartes, étrusques et gaulois avant de se rapprocher de Rome et s’allier avec elle contre les Gaulois et Carthaginois.
Avec l’expansion de Rome vers le nord, Padoue a été progressivement assimilée à la République romaine. Vers 49 avant JC, Padoue devient municipalité romaine et ses citoyens deviennent des citoyens romains. La ville est alors réputée comme une ville riche et puissante. C’est le premier âge d’or.
Saint Prosdocime, originaire de Grèce introduit le christianisme à Padoue et dans la Vénétie au premier siècle.
La ville sera saccagée lors des invasions barbares par les Huns d’Attila en 450. Elle sera tour à tour Goth, Byzantine (ou Romaine d’orient), puis de nouveau Goth, puis Lombard avant de devenir de passer sous l’influence des Francs. Cette période d’instabilité se traduit par une migration des populations vers les îles de la lagune qui deviendront Venise. L’une des dernières catastrophes touchant Padoue est le sac de la ville par les Hongrois en 899.
Vers l’an 1000, les citoyens se dotent d’une organisation politique avec plusieurs organes législatifs, exécutifs et judiciaires. La ville connaît un certain renouveau quand des conflits éclatent avec les villes voisines de Vicence et surtout de Venise.
L’Université fondée en 1222 après celle de Bologne la surpasse bientôt en prestige.
En 1231, Antoine de Padoue né à Lisbonne meurt près de Padoue. Il fut canonisé moins d’un an après sa mort. La construction de la basilique Saint-Antoine (Il Santo) s’étala jusqu’au XVe siècle. C’est l’un des plus grands édifices gothiques d’Italie. Avec ses huit coupoles orientales, il évoque à la fois Byzance et Saint-Marc de Venise. La basilique accueille aujourd’hui plusieurs millions de pèlerins annuels et constitue l’un des sanctuaires catholiques les plus fréquentés au monde.
A partir de 1250, la ville connaît alors une période de calme et de prospérité.
Le monument le plus important de Padoue est la chapelle des Scrovegni (Cappella degli Scrovegni), construite entre 1302 et 1305, ce que Giotto accomplit entre 1304 et 1306 constitue rien de moins que la révolution fondatrice de la peinture occidentale moderne.
Dans ces 38 scènes de la vie du Christ et de la Vierge, Giotto introduit la profondeur spatiale, l’individualisation des personnages, l’expressivité émotionnelle et la narration dramatique. Les figures de Giotto pleurent, délibèrent, se touchent, se regardent avec une humanité qui n’existait pas dans l’art religieux médiéval.
Padoue sera bientôt en conflit avec Vérone et sera cédée aux seigneurs locaux en 1311 avant de rejoindre pour près d’un siècle le territoire des Carrare. Malgré ces incessantes guerres, la période a permis une évolution exceptionnelle de l’art pictural.


En 1405, Padoue passe sous la domination de la République de Venise et le reste jusqu’en 1797. Son Université est l’unique lieu d’enseignement pluridisciplinaire d’un des États les plus puissants d’Europe d’alors. Le Jardin botanique de Padoue est planté et il deviendra la référence mondiale en termes de science botanique. La ville est fortifiée et se dote de portes monumentales. Cette période constitue un 2e âge d’or.
La liberté académique de l’université attire les meilleurs esprits d’Europe :
- Nicolas Copernic y étudia la médecine et le droit de 1501 à 1503 avant de formuler sa théorie héliocentrique ;
- Galilée y enseigna les mathématiques de 1592 à 1610, années pendant lesquelles il conduisit ses expériences fondamentales sur la chute des corps et perfectionna sa lunette astronomique ;
- André Vésale y révolutionna l’anatomie humaine en 1543 avec son De humani corporis fabrica.
La ville atteignit une population estimée à environ 35 000 à 40 000 habitants au XVIe siècle.
Le Prato della Valle, créée en 1775 à l’initiative du gouverneur vénitien Andrea Memmo, est l’une des plus grandes places d’Europe (88 000 m²) — une île elliptique entourée d’un canal et bordée de 78 statues représentant les personnalités illustres associées à Padoue. C’est l’un des espaces publics les plus singuliers d’Italie du Nord.
Entre 1797 et 1868, Padoue appartient à l’Autriche-Hongrie avec quelques interludes bonapartistes. La cité commence son développement industriel avec la construction d’une ligne ferroviaire entre Padoue et Venise en 1845.
A partir de 1866, une fois annexée par l’Italie, Padova devient un centre industriel, agricole, culturel, technologique et militaire important.
Pendant la 1ere guerre mondiale, la ville accueille le centre de commandement italien et continue son développement. Après la guerre, l’agitation sociale marque la ville entre les partisans d’une révolution communiste et les fascistes de Mussolini, défenseurs de la propriété et de l’ordre.

Lors de la 2e guerre mondiale, Padoue est bombardée 24 fois par les Alliés. 950 maisons sont détruites et 2000 habitants périssent. Le quartier de la gare est le plus touché. L’église des Eremitani est éventrée par les bombes et les superbes fresques d’Andrea Mantegna partent en fumée. D’autres édifices historiques comme l’Université ou la Cathédrale subissent des dommages.
Carte de Padoue : Lieux du guide touristique
Retrouvez tous les lieux du guide à visiter sur la carte de Padoue (Italie) : Hébergements et hôtels selon votre budget, monuments incontournables, musées à ne pas rater et insolites, jardins, bars et cafés originaux, plages…
Bon plan ! Vous pouvez télécharger gratuitement la carte pour une utilisation hors connexion.
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