Bristol a été fondé au 12e siècle. Pendant plus de 500 ans avant la révolution industrielle, il s’agit d’une des villes les plus peuplées d’Angleterre avec Londres, York et Norwich. Avant que Birmingham, Liverpool et Manchester ne leur volent la vedette.

De la rivière Avon aux Caraibes en passant par l’Afrique et le Canada
Sa prospérité, la cité la doit à son port construit sur la rivière Avon à 11 km de la mer.
Ville de marchands, de marins et de pirates, Bristol fut avec Londres le port le plus important d’Angleterre pendant des siècles. D’abord pour le commerce avec l’Irlande, l’Islande et la Gascogne puis avec le commerce triangulaire.
Autre fait marquant : Le vénitien Giovanni Caboto, anglicisé en John Cabot, redécouvre l’Amérique du nord – Oui les Vikings étaient les premiers et puis les Portugais peut être en deuxième, c’est pas grave on vous dit.
Son bateau The Matthews quitta le port le 2 mai 1497 avec un équipage de 18 personnes à la recherche d’un passage vers les Indes. Il trouva une terre, le futur Canada. Un peu moins exotique que l’Inde. Une réplique du bateau est visible amarrée devant le musée M-Shed dans le port.
Le commerce triangulaire fît la fortune de certains et le désespoir de beaucoup. Un rappel ? Les produits manufacturés, armes et objets en métal notamment étaient transportés en Afrique depuis l’Angleterre, les bateaux vidés étaient remplis d’esclaves puis chariés jusque dans les Caraibes et le Sud des Etats-Unis. Ils revenaient des Amériques en Europe avec du tabac, du rhum, du sucre, du chocolat, de la mélasse. Et ainsi de suite. Un triangle d’enrichissement et de souffrances.


Véritable repère de pirates, deux des plus célèbres histoires de flibusterie ont leur origine dans la ville. Dans les deux cas, les marins-aventuriers de retour en Angleterre trouvèrent l’oreille et le talent d’écrivains fréquentant le pub Llandoger Trow (toujours en activité depuis 1664 !). Ils raconteront leur histoire.
- « Robinson Crusoe » de Defoe reprend l’histoire d’un pirate resté plusieurs années sur une île suite au naufrage de son bateau et la mort de son équipage.
- « L’île au trésor » de Stevenson narre la recherche par des pirates d’un trésor marqué d’une croix sur une carte.
Le déclin
La guerre maritime avec la France (1793) puis la fin de la traite négrière (1807) entamèrent la prospérité de la ville.
La révolution industrielle profita à d’autres villes anglaises : Manchester, Liverpool, Birmingham.
Les bateaux gagnent en taille et en poids, le port est transferé à Avonmouth à l’embouchure de la rivière Avon en 1867.

Enfin les industries liées au cuivre et au tabac déclinent. Et quand on croit qu’on est au plus bas…
Le désastre le plus visible survient dans les années 1940/1941. La ville subit les raids destructeurs et meurtriers de l’aviation allemande. Des monuments sont détruits à jamais et des quartiers entiers (Redcliffe, Easton) ont dû être reconstruit avec peu d’investissement et sans surprise, peu de réussite.

Renouveau de la ville
La fin des années 1990 marque le renouveau de la ville. La zone industrielle et portuaire est transformée en lieu de loisirs et de divertissements avec l’ouverture de nombreux musées, restaurants et bars.

La criminalité des quartiers défavorisés (Saint Paul notamment) a été combattu, quelques bavures policières et émeutes plus tard, avec succès.
Le poids combinés des deux universités, d’un monde associatif et militant important et d’artistes locaux a permis de transformer à nouveau la cité en ville créative, verte et magnétique. La présence d’entreprises liées aux médias, aux nouvelles technologies et à l’aérospatiale (comprenez l’armée) n’y est pas étranger.
