Zakopane se trouve dans la région de Podhale en Petite Pologne (Malopolska en polonais) au sud de Cracovie. Les habitants de cette région sont appelés les « Gorales » ou montagnards en polonais. L’histoire de la ville et les particularités culturelles de la région en font un centre artistique et culturel important en Pologne.

La région du Podhale a été progressivement habité à partir du 12e siècle. Les moines Cisterciens furent les premiers à travailler la terre, construire des ponts, former les habitants à différents métiers – autrement dit – à créer de l’activité économique.
Le plus vieux marché de la région ouvre à Nowy Targ sur le chemin entre la Silésie (plomb), les royaumes de Pologne (sel) et de Hongrie (vin).
Les gorales actuels sont nés des mariages entre les colons germains et les habitants slaves aux 13 & 14e siècles. Ils sont bergers et travaillent le bois. Les terres arables sont rares. On cueille les plantes dans la forêt et on chasse, on pêche et on braconne.
Les messagers et les marchands traversent des montagnes boisées, inhabitées où les brigands se disputent l’effroi des voyageurs avec les bêtes sauvages, les ours et les loups toujours présents aujourd’hui.

Leur isolement de reste de la Pologne des plaines, leur proximité et leur contact fréquent avec leur voisins slovaques au sud et roumains à l’est contribuent à forger un dialecte, une culture et un folklore riche et original.
La partition de la Pologne place la région dans l’escarcelle de l’Autriche Hongrie. Les plus entreprenants gagnent le sud à la recherche de travail dans les mines et l’agriculture. D’autres gagneront des années plus tard les Etats-Unis toujours avec le même espoir : Fuir les conditions de vie misérable.
Les scientifiques, géologues (Staszic), botanistes, géologues sont les premiers « étrangers » à investir, étudier, promouvoir la région au début 1800.

Dans leur sillon ou peu après les premiers Juifs s’installent dans la région (1765) et à Zakopane (1815). Ils ouvriront des magasins, auberges, pensionnats et ateliers. Ils représenteront 15% de la population en 1939. Ils seront alors en majorité favorable à l’ « assimilation » (se revendiquant polonais, parlant polonais et non yiddish, non opposé au mariage « mixte » avec des catholiques).
Les artistes de la Jeune Pologne, tuberculeux pour certains, viennent enfin se soigner à la grand air. C’est vrai pour Witkiewicz , il s’installe à Zakopane en 1890. Il y découvre l’artisanat et l’architecture locale qu’il décide de promouvoir et de défendre à travers ce qui deviendra le « style de Zakopane ». Le premier style architectural national.

L’alpinisme et la pratique du ski se popularise après 1900.
Pendant la période d’entre deux guerres, Zakopane continue à accueillir la crème de la crème polonaise. L’intelligentsia s’y pressent : Conrad, Gombrowicz, Zeromski et biensûr Witkacy et Szymanowski.

De nombreux évènements sportifs organisés à Zakopane témoignent des soubresauts de l’histoire. Les jeux d’hiver juif Makkabi en 1933, les jeux olympiques d’hiver en 1938, les Bergsportfest nazi en 1942.
Pendant la guerre, la ville devient un centre de repos pour les soldats allemands. Les Juifs sont assassinés, toute trace de leur présence effacée. Certains montagnards au nom de leur lointaine origine allemande collaborent avec l’occupant au sein d’un fantôche état indépendant à venir : Le Goralenvolk. Leur dirigeant sera exécuté par la résistance polonaise.

Zakopane est la ville de montagne la plus touristique et la plus m’as-tu-vu de Pologne. Plus de 3 millions de touristes la visitent chaque année. L’avenue principale s’apelle les Krupowki. C’est ici que se concentre une majorité de cafés, bars et restaurants. Très très fréquenté en saison.
L’intérêt d’une visite est à chercher dans l’architecture, dans les balades dans la nature hors saison et dans les musées d’art et d’ethnographie.
Personnages célèbres
Quelques uns des personnages les plus liés à la région.
Jésus penseur : Dans l’art du Podhale, Jésus est représenté en plein doute avant d’être mis en croix, assis, désespéré, la main sous le menton le regard dans le vide. En écho à la vie dure dans les montagnes du 19e ?

Stanisław Witkiewicz (le père) : Critique d’art, peintre et architecte (dessinateur), c’est son amour des montagnes, de son peuple et de sa culture qui lui a permis de défendre et de promouvoir le style de Zakopane. On lui doit les plus beaux projets d’architecture de la cité :
- Pod Jedlicami (maison privée),
- La villa Koliba (musée du style zakopianski),
- La villa Oksza (musée d’art du XXe siècle),
- L’église pod Jaszczurkami.
Ignacy Witkiewicz ou Witkacy (le fils) : Peintre, écrivain et photographe halluciné. Il précisait sur chaque toile la ou les drogues qui avait prises pour réaliser son oeuvre : Peyotl, amphétamine et/ou cocaine… L’archétype de l’artiste d’avant garde nihiliste.

Janosik : Personnage réel à l’histoire mi-légendaire. Un brigand voleur au grand coeur combattant indépendantiste slovaque mais volontier polonisé par les Polonais.
Sabala : Musicien, conteur, chasseur et guide de montagne né en 1809.
