Deux versions pour apprendre et comprendre l’histoire d’une ville, d’un peuple et finalement d’un pays devenu indépendant en 1991.

Il existe une légende fondatrice de Ljubljana qui mérite d’être rapportée avant toute chronologie sérieuse.
Jason et les Argonautes, fuyant la Colchide avec la Toison d’Or, auraient remonté le Danube et ses affluents jusqu’à un marais au pied d’une colline boisée, où les attendait un dragon terrible. Jason l’aurait tué, et la ville aurait gardé dans ses armoiries — et sur ses ponts, ses fontaines et ses façades — l’image de ce dragon vert aux ailes déployées.
La légende est grecque, la ville est slovène, et leur union dit quelque chose de la position de Ljubljana au carrefour des mondes : entre la Méditerranée et les Balkans, entre l’Italie et la Pannonie, entre l’Orient et l’Occident.
Histoire courte de Ljubjlana
La première ville fût romaine pendant plus de 400 ans. Une fois détruite, il fallut attendre plus de 600 ans pour qu’une nouvelle ville remplace la précédente.
Puis les Habsbourg mirent la main sur le coin et il fallut attendre le réveil des peuples ou la naissance des nationalismes à l’époque romantique pour les Slovènes affirment leur volonté d’indépendance.
Slaves contre Germains comme ailleurs en Europe centrale : Prague, Cracovie et ailleurs sur les territoires de l’Autriche-Hongrie.
Le processus fût long et plusieurs fédérations intermédiaires avec les Serbes, les Croates, puis les Monténégrins (monarchie yougoslave puis république socialiste de Yougoslavie) furent nécessaires pour enfin déclarer leur indépendance en 1991.
Ljubljana, longtemps dans l’ombre de Vienne (Autriche), Budapest (Hongrie), Belgrade (Serbie) ou Zagreb (Croatie) devient la capitale d’un peuple longtemps sans état.

Histoire longue
L’homme de Neandertal il y a 40 000 ans, puis plus récemment des peuples comme les Venetes, les Illyriens, les Celtes peuplèrent ces terres et marécages vivant dans des cités lacustres.
Puis les Romains établirent Emona une cité situé entre les collines du château et celle parc de Tivoli, l’actuel centre-ville. Son but est garder un passage plat et praticable entre les Alpes et les Alpes Dinariques s’étendant à l’ouest des Balkans.
La politique de conquête romaine menait les légions vers la Pannonie, l’actuelle Hongrie et vers le sud des Balkans. Emona n’était pas une simple garnison : elle fut rapidement une ville civile dotée d’un forum, de thermes, d’un réseau d’égouts, d’un amphithéâtre et d’une enceinte de remparts. Sa superficie était d’environ 24 hectares et sa population estimée à 6 000 à 8 000 habitants à son apogée au IIIe siècle.
La présence d’une voie navigable permit à Emona de se developper mais la cité périclita avec le passage des Huns d’Attila en 452 et la chute de Rome et de l’empire romain d’occident. Le site fut ensuite traversé par des vagues successives d’Ostrogoths, de Lombards et enfin de Slaves, qui s’installèrent dans la région au VIe siècle.
Un nouveau village est fondé vers 1000, cette fois entre la rivière et la colline du chateau. Le village deviendra une bourgade médiévale protégée par des murs et battant monnaie dès 1400. A cette période la ville appartenant aux Habsbourg subit les incursions des Ottomans à plusieurs reprises entre 1469 et 1483.
La ville continua a se developper au moment de la Réforme vers 1500. Elle est un centre artisanal, commercial, culturel et national avec la circulation des premiers livres en Slovène.
La contre-reforme en 1600 et 1700 correspond à l’âge baroque marquant les églises et les palais de la ville.
En 1805, l’occupation française de la région lors des conquêtes napoléoniennes et l’établissement d’une Province Illyrienne avec Ljubljana comme capitale voit le Slovène devenir sa langue officielle.
Dans la première moitié de 1800, il faudra un poète romantique et un amour non partagé par sa muse pour que le slovène trouve ses lettres d’affection, de tourments, de noblesse d’âme et au passage son futur hymne national. Merci Franc Prešeren.
Un tremblement de terre en 1895 endommage ou détruit 10% des 1400 bâtiments de la ville. Jusqu’en 1910, elle connaît une première reconstruction dans le style de la Sécession viennoise (Art Nouveau) et une politique de réformes importantes.
En 1918, le front italien de la 1ere guerre mondiale n’a pas touché la ville. Avec la défaite de l’Autriche-Hongrie, 600 ans de domination des Habsbourg se termine.


L’entre deux guerres est une période d’euphorie et de construction : La bourse, l’université, l’académie des arts et des science, la foire de la ville sont fondées. L’architecte urbaniste Plečnik transforme Ljbubjlana en une capitale symbolique des Slovènes. La Slovénie appartient alors au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, futur Royaume Yougoslave, future république socialiste de Yougoslavie.
Après 1945, la population croît énormément et la ville connait une importante urbanisation.
Le Maréchal Tito meurt à l’hopital universitaire de Ljubljana en 1980.
En 1991, la Slovénie déclare son indépendance. Après une guerre victorieuse de 10 jours contre l’armée yougoslave, elle devient un état libre, indépendant et reconnu internationalement. Ljubljana est sa capitale.
L’adhésion à l’Union européenne en 2004 et à la zone euro en 2007 ancra la Slovénie dans l’Europe occidentale. Ljubljana, avec ses 295 000 habitants dans la commune et environ 500 000 dans son aire métropolitaine, est régulièrement classée parmi les capitales européennes les plus agréables à vivre — notamment pour la piétonisation de son centre historique et ses politiques environnementales.
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