Musée d’art Contemporain MADRE à Naples

Un musée d’art contemporain bien construit, bien écrit et bien fourni. Quelqu’un a dit le meilleur musée de Naples ?

Michelangelo Pistoletto and Lo Zoo, L’uomo ammaestrato, Vernazza, 17 agosto 1968

> Michelangelo Pistoletto and Lo Zoo, L’uomo ammaestrato, Vernazza, 17 agosto 1968. museo d’arte contemporanea Donnaregina

 

Au nord du quartier historique de Naples près du musée archéologique et de la Cathédrale Duomo se trouve le MADRE, le Museo d’arte di Donnaregina.

Oubliez les crèches, les cloîtres, les catacombes et les églises baroques. Naples a aussi un musée d’art contemporain, un grand écart, entre tradition et modernité qu’il serait dommage d’oublier !

L’ancien palais Donnaregina a été transformé par l’architecte portugais Alvaro Siza pour accueillir sur 8000 m² la collection d’œuvres d’art, un restaurant et une librairie. Deux cours serviront la première l’exposition, la deuxième le café du musée.

 

Collection du musée d’art contemporain MADRE

La collection est répartie sur deux étages :

  • Le premier comprend principalement des installations.
  • Le deuxième est une rétrospective de l’art moderne et contemporain de 1950 à nos jours avec plus œuvres appartenant au pop art, au minimalisme ou à l’arte povera.

La muséographie, notamment la contextualisation des œuvres et des artistes font du MADRE un des plus intéressants de Naples.

 

Mimmo Paladino, Untitled, 2006. Photo © Amedeo Benestante

> Mimmo Paladino, Untitled, 2006. Photo © Amedeo Benestante

 

« Pop Art » au MADRE

Les artistes pop art sont représentés par des collages de Richard Hamilton, des sérigraphies d’Andy Warhol représentant Elizabeth Taylor ou Jackie Kennedy, par des œuvres de Lichtenstein ou encore de John Baldessari et son Duchamp-esque : “ Everything is purged from this painting but art, no ideas have entered this work “ noir sur fond beige.

 

Thomas Bayrle, Feuer im Weizen Jackewiehose – Naked lunch, 1970

> Thomas Bayrle, Feuer im Weizen Jackewiehose – Naked lunch, 1970. museo d’arte contemporanea Donnaregina

 

D’autres artistes interrogent le lien entre l’art, les médias et la culture populaire sans forcément appartenir au mouvement pop art.

Les installations et néons (War/Raw) de Bruce Nauman, des faux plats de Claes Oldenburg comme son omelette tombante (falling omelette), les œuvres composites de Robert Rauschenberg entre pop art et constructivisme, des œuvres kitschs de Jeff Koons, ex-mari de la pornstar Ciocciolina.

 

Jeff Koons, Untitled, 2005. Photo © Amedeo Benestante.

> Jeff Koons, Untitled, 2005. Photo © Amedeo Benestante.

 

 

Gilbert et Georges sont également représentés par une œuvre hilarante, « Shitty world », « Monde de merde ». Une représentation religieuse : 14 (13+1) Gilbert et Georges nus devant une croix fait de merde. Objetif de Gilbert et Georges : Rendre l’art accesible et interroger les tabous (sexe, mort, caca) le plus simplement possible non pas pour choquer mais pour « dé-choquer ». Tellement efficace…

 

Minimalisme et Arte Povera au MADRE

Le minimaliste est une réaction à l’expressionisme abstrait trop subjectif et au pop art trop figuratif. Le minimaliste sera donc objectif, abstrait, monochromatique, géométrique et anonyme. Quelqu’un a dit « intellectuel chiant » ?

Le MADRE a recollecté les œuvres des plus grands artistes minimalistes : Carl Andre, Dan Flavin, Donald Judd, Sol LeWitt, Robert Morris. On retrouve un monochrome d’Yves Klein forcément… bleu.

L’Arte Povera est né en Italie à la fin des années 60 en opposition à la sophistication froide et neutre du minimalisme, à l’industrie culturelle et à la société de consommation.

Les artistes utilisent des produits pauvres : sable, chiffon, terre, bois, vêtements usés et s’en servent comme éléments des compositions.

Le MADRE a réuni des œuvres de Alighiero Boetti, Jannis Kounellis, de Mario Merz avec ses igloos, de Michalangeo Pistoletto, Luciano Fabro et ses sculptures d’Italie réalisé en métal broyé ou encore de Tapiès.

 

Artistes et courants artistiques au MADRE

Impossible de faire le tour de manière exhaustive de tous les courants ou mouvement artistiques présent au MADRE. Rapidement :

  • Le conceptualisme avec des photographies noir et blanc de batiment industriels par les époux Becher.
  • Le néo expressionisme avec des œuvres de Georg Baselitz, Anselm Kiefer.
  • L’art abstrait avec Richter.
  • L’expressionisme abstrait avec Twombly.
  • Photographie de nue de Mapplethorpe. L’artiste mort du sida en 1989 est célèbre pour ses photographies érotiques, homoérotiques et sadomasochistes notamment. Une exposition posthume en 1990 a provoqué la première action de justice aux Etats-Unis contre un musée pour atteinte aux bonnes mœurs.

Enfin plusieurs oeuvres du génial artiste berlinois Joseph Beuys sont présentées.

 

Nam June Paik, TV Buddha, 1985.

Nam June Paik, TV Buddha, 1985. museo d’arte contemporanea Donnaregina, Napoli. Photo Paola Mattioli. © Framart Studio, Napoli.

 

Informations pratiques sur le MADRE

Adresse : Via Settembrini 79
Heures d’ouverture : Ouvert toute la semaine de 10h à 21h, le vendredi et samedi jusqu’à 24h. Fermé le mardi.
Tarif de la visite : Plein tarif : 7 €. Tarif réduit : 3,5 €.
Transport en commun : Métro arrêt Cavour.

Site officiel : http://www.madrenapoli.it/

Maciej

Maciej

J'aime me perdre à la recherche d'endroits surprenants.

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